192 PROVINCE DE LA FLANDRE OCCIDENTALE,
pendant, malgré plusieurs siècles de travaux, il reste encorede vastes bruyères au centre de cette province, au sud deBruges et à l’est d’Ypres. Mais au nord de la premièrede ces villes, les villages sont fort nombreux et la popula-tion très-agglomérée ; de ce côté le pays présente l’aspectd’une immense plaine, où l’œil n’aperçoit au loin quedes terrains labourés, des habitations, des clochers. Dansla direction de Fûmes, le terrain est plus marécageux eton y rencontre de vastes prairies où paissent de nom-breux bestiaux. Les cantons limitrophes de la Lys sont lesplus importants et les mieux cultivés. Ici le lin et le chan-vre sont rouis, tissés, avec un art qu’on ne trouve pasailleurs ; la culture du tabac y est très-perfectionnéeet y a pris beaucoup d’extension. Du reste, les productionsde la province sont identiques à celles de la Flandre Orien-tale, et cette province, qui a obéi aux comtes de Flandredepuis le ix e siècle, a subi les mêmes vicissitudes. Sous legouvernement autrichien, on l’appelait la West-FIandre;sous la domination française, elle a porté le nom de dé-partement de l’Escaut.
Depuis trois siècles, la ville d’Anvers est devenue le cen-tre du commerce et la capitale des arts en Belgique, maisBruges peut revendiquer la gloire d’avoir joué le même rôledans les temps antérieurs. Il ne lui est guère resté de mo-numents de 1 époque d’Albert et d’Isabelle , mais ses rues ,ses places , ses édifices, ses maisons particulières, rappel-lent le moyen âge. Dans les églises, si riches en tableaux,les productions artistiques appartiennent à une suite depeintres que nulle part ailleurs on ne peut mieux étudier:au xv e siècle Memling, au xvi e les Pourbus, au xvn e lesYan Oost.