160 PROVINCE DE LA FLANDRE ORIENTALE.
che, les apôtres et les martyrs de la foi nouvelle, parmilesquels on remarque les portraits des deux frères. Dansle lointain on aperçoit deux groupes d’évêques, de reli-gieux, de vierges, et les tours de Jérusalem, copiées surcelles de Maestricht. Au-dessus du grand tableau sonttrois compositions plus petites; celle du milieu représentele Sauveur du monde , assis sur un trône et bénissant l’as-semblée des fidèles; sa physionomie est empreinte d’unemajesté indicible; la tête est ceinte d’une tiare, ornée depierres précieuses, et les habits pontificaux de la plus granderichesse et de la dernière élégance. De la main gauche, leChrist tient un sceptre de cristal, d’une transparence ad-mirablement rendue, et enrichi de pierreries. A sa droite,la sainte Vierge, à sa gauche, saint Jean-Baptiste, offrentun beau contraste de grâce et d’austérité. L’œuvre des VanEyck était accompagnée de huit volets, dont deux seule-ment se trouvent encore à Saint-Bavon, dans la sacristie ;ils représentent Adam et Eve. Les six autres, sur lesquelson voyait : un chœur d’anges et un concert de voix etd’instruments, les milices du Christ, et parmi elles le ducPhilippe le Bon et les frères Van Eyck, les ermites et lessaints pèlerins , furent vendus en 1816, pour 6,000 francs,par des personnes qui n’en connaissaient pas la valeur. Le roide Prusse , Frédéric-Guillaume III, en est devenu possesseurpour 410,900 francs. Ce souverain a fait aussi l’acquisitionde la magnifique copie, peinte par Michel Coxie pour le roiPhilippe II, sauf six volets qui sont au palais du roide Hollande, Guillaume IL
Ce chef-d’œuvre de peinture, le plus précieux objetd’art, sans contredit, que possède le royaume, a été peintà Gand de 1411 à 1452, dans la maison de Hubert Van