ANVERS.
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entièrement et fit chasser de la ville les ecclésiastiques etles partisans du roi Philippe II. En 1585, le duc d’Alençon,qui venait d’être reçu comme duc de Brabant, voulut ob-tenir dans Anvers une domination absolue 5 déjà il étaitparvenu à introduire dans la ville une grande partie de sestroupes, mais au premier cri d’alarme la bourgeoisie serassemble, attaque les assaillants avec fureur, les chassevers les remparts, en massacre une grande partie et forcel’autre à se jeter dans les fossés ou à se rendre prisonnière.Le duc perdit dans cette tentative la plupart de ses gen-tilshommes, et, poursuivi par l’indignation générale, dutquitter en fugitif un pays qui l’avait reçu en libérateur.Le prince de Parme, commandant l’armée du roi Phi-lippe II, vint ensuite occuper les rives de l’Escaut et com-mença ce siège qui dura un an et forme sans contredit leplus curieux épisode des guerres du xvi e siècle. Ce grandcapitaine osa attaquer Anvers, contre le sentiment des chefsles plus expérimentés, avec une armée de 12,000 hommes;et en l’assiégeant, il était lui-même menacé par les garni-sons de plusieurs villes belges encore insoumises et par lesflottes de la Hollande et de la Zélande. Sa position étaitpérilleuse, mais elle lui évitait les lenteurs qu’auraient occa-sionnées le siège de Bruxelles et celui deMalines. En s’atta-quant à Anvers, il amenait inévitablement la reddition deces deux villes, bien qu’elles fussent protégées par desfortifications redoutables, par des garnisons aguerries, pardes populations exaltées et nombreuses. Tout ce quel’art militaire offre de ressources pour hâter ou prévenirla perte d’une forteresse fut mis en usage des deux côtés. Leprince ferma le fleuve au moyen d’une estacade ; les assié-gés construisirent de puissants brûlots pour l’incendier.