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PROVINCE D’ANVERS.
s’élevait à 700 les jours de marché. Le nombre des chariotset charrettes qui venaient des lieux circonvoisins et depays éloignés n’était pas moins considérable. Au xvi c siècle,beaucoup d’Allemands, d’Italiens, d’Espagnols, de Portu-gais et d’Anglais vinrent fixer leur demeure à Anvers, etservirent de facteurs à leurs compatriotes pour la vente desproductions des deux mondes.
Cette splendeur elle-même fut la cause des malheurs quele port d’Anvers essuya dans la suite ; les étrangers y ap-portèrent les dogmes de Luther et de Calvin, et y com-mirent de grands excès lors du brisement des imagesen 1566. Plus lard ses richesses excitèrent la convoitisedes troupes espagnoles, aussi ardentes au pillage quebraves le jour du combat. Déjà elles avaient plus d’unefois essayé d’entrer dans Anvers, quand la mort du com-mandeur de Requesens et l’emprisonnement à Bruxellesdu conseil d’Etat livrèrent la Belgique aux désordres del’anarchie. Les Espagnols, déclarés par les états ennemis dela nation, se réunirent dans la citadelle d’Anvers, et atta-quèrent avec impétuosité les troupes nationales et la bour-geoisie. Dans ce jour funeste, dix mille habitants furentmassacrés, 800 maisons, l’hôtel de ville et d’autres édificesincendiés, des richesses incalculables dissipées (4 novem-bre 1576). Peu de temps après, la paix conclue avec donJuan d’Autriche, gouverneur générai, amena le départ desEspagnols; mais une nouvelle rupture ne larda pas àéclater.
Après la bataille de Gembloux, Anvers devint le séjourhabituel des états généraux, de l’archiduc Mathias, appelépar eux au gouvernement du pays, et du prince d Orange,le chef des calvinistes; cette dernière secte y domina bientôt