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Les délices de la Belgique ou description historique, pittoresque et monumentale de ce royaume
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ANVERS.

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de beaux privilèges., et entre autres le droit détape du sel,du poisson et de lavoine. Tout batelier remontant lefleuve pour se rendre en Brabant était tenu de venir ex-poser chez eux sa cargaison, avant de pouvoir continuersa roule. Ce droit, joint à de grandes foires, fut au xiv esiècle enlevé et rendu plus dune fois aux habitants. Enfin,au xv e siècle, ils étaient déjà parvenus à asseoir sur desbases solides lactivité de leur port, quand les événe-ments du règne de Marie de Bourgogne et de MaximiliendAutriche assurèrent à cette ville le premier rang parmi lescités commerçantes du pays. Le zèle avec lequel elle soutintle parti de ces princes , et la tranquillité dont elle jouit àcette époque, tandis que Gand et Bruges étaient en proieà des discordes intestines, attirèrent dans son sein un grandnombre détrangers, et en quelques années toutes les na-tions commerçantes y établirent des comptoirs. Sous lerègne de Charles-Quint, sa prospérité parvint à son apo-gée. Lenceinte communale fut considérablement agrandievers le nord ; les institutions civiles et religieuses, les mai-sons de commerce et les particuliers rivalisèrent de zèlepour lornement de la cité.

Dans quelques anciens auteurs à peu près contempo-rains , on trouve à ce sujet des détails peut-être exagérés,mais qui donnent une idée de ce cpiétait alors la capitaledu commerce aux Pays-Bas. On y comptait, disent-ils, 12,000 maisons et 200,000 habitants; il se trou-vait dans la ville 42 églises et chapelles; 5,000 personnesse rendaient deux fois par jour à la bourse; on voyaitparfois 2,500 vaisseaux amarrés dans ses canaux et lelong des quais, et on évaluait à 500 le nombre de ceuxqui arrivaient et partaient journellement. Ce dernier chiffre