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PROVINCE D’ANVERS.
vres, la ville fut enfin forcée de se rendre. Ses habitantsmontrèrent encore la même résolution en d’autres occa-sions.
Plusieurs souverains du pays ont eu pour elle une grandeaffection. Charles le Téméraire y établit un conseil suprêmede justice, appelé le Parlement, et une chambre descomptes, formée des cours de ce genre existant aupara-vant à Lille, Bruxelles, La Haye. Ces institutions disparu-rent à la mort de Charles , mais un témoignage plus pré-cieux de sa munificence resta aux habitants; je veux parlerde l’exemption de tonlieux que ce prince leur avait accordéeen récompense de services rendus au siège de Neuss. L’ar-chiduc Maximilien , pour les récompenser de leur fidélité ,alors que les villes de la Flandre et la majeure partie decelles du Brabant avaient levé contre lui l’étendard de larévolte (1488), les exempta encore du tonlieu de Grave-lines , réservé dans la concession de Charles. Philippe leBel, son fils, fixa chez eux le grand conseil, qui fut pen-dant trois siècles le tribunal suprême du pays ; et la sœurde Philippe, Marguerite d’Autriche, avait leur ville en sigrande amitié , qu’elle voulut y transférer la résidence dugouvernement.
En l’année 1546, un grand désastre frappa la ville deMalines; le 7 août, la foudre mit le feu à la porte diteSantpoorle ; cet édifice, qui contenait 2,800 tonneaux depoudre, sauta avec un bruit épouvantable. Plusieurs cen-taines de maisons furent grandement endommagées, d’au-tres détruites par l’incendie, et plus de 400 personnes tuées.Les troubles de religion furent très-funestes à cette ville,qui montra toujours un grand zèle pour la foi catho-lique. Cependant, elle reçut en 1572 le prince d’Orange,