tems. Il avoit souvent Concert chez lui, où il ac-compagna lui-meme, composant en Musique etjouant du Luth. Enfin c’étoit un théologien, quipouvoit se montrer dans le siècle où nous som-mes sans faire rougir ses confrères.
On le charge cependant avec raison, qu’il n’apas toujours agi avec assez de circonspection: qu’ila négligé quelques fois les apparences; qu’il n’en-tendit point la fine discrétion; qu’il se laissoit em-porter par les injures de ses ennemis à leurs rendrela pareille; qu’il s’est permis des saillies trop fou-gueuses et trop sanglantes pour ne pas aigrir sesadversaires; enfin qu’il a perdu contenance dansses disputes avec Erasme, dont la fine Satire etle sang-froid qu’il affectoit, irritaient son amour-propre, toujours accoutumé à vaincre. On pour-rait alléguer pour sa défense la grossièreté du siè-cle, la Conduite des princes, qui s’oublièrent assezpour entrer en lice contre un moine de l’Allema-gne en fait de foi. On pourrait dire, que les Char-mes de la résignation chrétienne, et la flatteusediscrétion étaient des délicatesses imperceptibles auPalais grossier du peuple, et que les Clameurs duParterre auraient siflé la pièce, s’il n’avoit pas rem-
vis-à-vis tic lui. Eh bien, dit celui-ci, donnez-moi aussile portrait d’un homme si bien fait, et je l’enverrai aux pè-res assemblés à Mantouc, pour éprouver, s’ils ne changerontpas d’avis sur le Célibat. V. scs propos d. Table fol. p. 307.