d'un habile homme pour conuoitre et savoir saisirces grandes occasions, que Tacite] appelloitopportunus magnis conatibus transitus rerum.
Certains Esprits, qui préfèrent un homme ram-pant dévotement dans les pas de ses ancêtres, àdes hommes extraordinaires et entreprenants, accu-sent le bon Luther, d’avoir été trop ambitieux;mais ceux qui savent distinguer le Vice de laPassion, dont
-les mouvemens contraires
sur ce vaste Océan, sont des Vents nécessaires’'»)
sont bien persuadés, que l’homme sans passion nesera jamais ni un excellent fourbe, ni un grandhomme. Luther avoit le Coeur grand, ouvert, li-béral et compatissant au malheur de son prochain;avec ces qualités on n’est jamais ce qu’on appelleordinairement ambitieux. Quoiqu’il avoit été moi-ne, il n’étoit pourtant pas avare. Son Testa-ment en fait preuve, qui peut passer pour unepièce unique. Tezel, ce fameux Tezel, n’a pas étédes Derniers à éprouver le grand Coeur de sonennemi. Ce Tezel abandonné de Rome, furieuse-ment taxé du Cardinal Miltiz***), desavoué de son
*) Ilist. L. I.
¥¥ ) Essais sur l’homme ch. T.
¥¥¥ ) On cnvoia le Gard, Miltiz de Rome pour assoupirtoute la querelle. Il s’y prit au commencement par la force,mais voiant, qu’il étoit trop tard, il fit raille Caresses à Lu-
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