des caractères de peinture se rattachant à ceux que présen-tent les œuvres appartenant à l'école flamande.
CHAPITRE VI.
Considérations sur quelques particularités des panneaux.
Les figures de nos deux panneaux présentent cette sincé-rité d'interprétation, ce réalisme charmant, qui distinguentsi bien les œuvres de l'époque gothique et de celle qui la sui-vit immédiatement. Par contre, les paysages ont été compo-sés par l'auteur à la façon des artistes de l'époque gothique,c'est-à-dire d'une manière absolument fantaisiste et sanségard à l'homogénité dans leur ensemble des motifs géologi-ques, botaniques et architecturaux. Nos paysages présententun mélange de sujets des plus hétérogènes, pris dans lespays les plus divers L
A part les ruines romaines, communes aussi bien aux ré-gions septentrionales qu'aux méridionales, les motifs tirés del'Italie et de l'Orient dominent. La famille Micault aurait-ellevoulu perpétuer le souvenir de voyages lointains? Si cettehypothèse est permise, ne pourrions-nous pas admettre laprobabilité d'un voyage en Italie, d'un pèlerinage en Terre-Sainte, ou, comme le suppose M. Fétis, d'une expédition enTunisie? Aucun des documents et ouvrages qu'il nous a étédonné de consulter,ne nous fournit le moindre renseignement
1 Si nos paysages sont traités, dans leur ensemble, d'une façon fantaisiste,l'on ne peut cependant reprocher à leur auteur de s'être trop éloigné de la na-ture dans la représentation des différentes essences d'arbres. A l'encontre de sesdevanciers (enlumineurs et peintres), qui n'interprétaient les motifs botaniquesque d'une façon systématique et fantaisiste (par ce procédé en quelque sortemécanique, rappelant la gravure au pointillé), notre artiste révèle déjà quel-ques tendances naturalistes dans la façon de concevoir les détails de ses pay-sages.