XIX
Siegen. — En dépit de son âge et de ses infirmités elle aentrepris un voyage aussi long, rien que pour appuyeren personne la pétition de sa fille. Elle la seconde de tout,son coeur, et, celle faveur obtenue, elle « s'en retournera«consolée finir ses jours en paix, que cesle seule espé-» rance luy fait désirer la vie '). »
Quant au premier de ces documens, je ne m'établispas en opposition avec l'assertion de M. Du Mortier ! ) queMarie Rubens n'a pas été prisonnière, quoiqu'on pour-rait conclure qu'elle l'a toujours été un peu, puis-qu'elle demande la permission d'aller se fixer auxPays-Bas. J'en conviens, celte demande n'est peut-être qu'une forme d'introduction pour entrer en ma-tière ; le point principal, c'était ici la liberté deson mari et son retour dans les Pays-Bas. Peut-êtrey aurait-il une autre conséquence à déduire des deuxdocumens. Comme M. Ennen a soupçonné que la pro-curation passée à Cologne n'était qu'un prétexte deJean Rubens pour séjourner dans cet endroit; quel'anxiété du tendre époux pour assister aux couches desa femme était la raison tacite mais véritable, je pourraisme permettre une hypothèse tout à fait contraire. Je pour-rais dire : — que Claire Pypelyncx n'ait fait le voyagede Siegen, que pour appuyer la sollicitation de sa filleauprès du Comte Jean, voilà un prétexte par trop mal-déguisé. 11 aurait mieux valu qu'elle fut restée dans lesPays-Bas, afin d'y gérer les intérêts des exilés de Siegenauprès du Prince d'Orange. C'est encore le génie sco-lastique du docteur Rubens qui a inspiré ces phrases bour-soufllées et ineptes à ces femmes dociles. Non: Claire Pypelincx
1) Voir pièces justificatives, n°. XII.
2) Du Mortier , p. 43.