VI
la correspondance des deux époux, communiqua à MarieRubens les dispositions plus favorables du Comte : peut-être lui faisait-il entrevoir l'apparence d'un élargisse-ment prochain. Bonne ménagère autant qu'épouse dé-vouée, elle ne tarda pas à régler ses intérêts à Cologne:elle se défit de son ménage, et, suivie de son domestiqueMartin, elle accourut avec sa famille à Dillenbourg ').
Nous l'y rencontrons au commencement de mars 1575.Ce fut en un triste état qu'elle retrouva son mari.La durée de son emprisonnement avait énervé ses forcesmorales et altéré sa santé. Si le glaive de la justicen'avait pas tranché le /Il de ses jours, il était à prévoirque la prolongation de sa peine allait éteindre ce quilui restait de vie. Dès lors l'épouse modèle d'employerprières, sollicitations, protestations, promesses, tout enfince qui pouvait attendrir le coeur du Comte de Nassau.Elle réussit enfin à faire adopter un arrangement d'aprèslequel l'incarcération de son mari serait commuée eninternement dans la ville de Siegen 2 ).
Les termes de l'arrangement étaient passablement durs.Rubens n'obtiendrait son élargissement qu'après avoir denouveau confessé son crime et s'être remis à la merci deses juges. Un commis des Comtes de Nassau devait lesurveiller à Siegen. Il lui serait défendu de fréquenterl'église et de se promener hors de la ville sans la permis-sion du commis. Les Comtes de Nassau se réservaientd'instruire de nouveau son procès à toute heure, et ilserait tenu, lui, de rentrer en prison à la première semonce.La moindre contravention à ces articles devait être punie
1) Voir pièces justificatives, n'. II.
2) Voix le texte de l'arrangement, pièces justificatives, n°. III.