V
scs soupçons, M. le docteur Ennen a bien mérité d'ctrela première victime de la lutte qui s'engage.
J'entreprends mon récit à l'époque où le destin,après avoir frappé l'infortunée famille Rubens de coupsredoublés, semblait à la fin s'apaiser. L'année 1575 seprésentait sous do meilleurs auspices. Jean Rubens , lemari coupable, languissait toujours dans les cachots deDillenbourg, mais cette fois-ci sa fidèle épouse, MariePypclyncx, avait obtenu du Comte Jean de Nassau lagrâce de pouvoir visiter et consoler son époux. Cettefaveur devait d'autant plus la rassurer sur son avenir,qu'une première tentative de le rejoindre avait été in-fructueuse. A deux ou trois reprises l'épouse éplorécétait accourue de Cologne à Dillenbourg, espérant yrencontrer son mari. L'accès vers le prisonnier lui futdurement refusé : peu s'en fallut qu'elle ne fût elle-même bannie du territoire du Comte Jean : du moinsson mari reçut-il l'injonction sérieuse de lui écrire com-bien ses visites déplaisaient à la cour de Dillenbourg ').Elle ne demandait pas mieux que de quitter Cologne, où,malgré l'intérêt que lui portaient les nombreux amisde Rubens, elle vivait à grands frais, où parfois unepolice intolérante l'inquiétait dans sa retraite, où elle secachait dans l'obscurité de peur de rougir au grandjour de l'ignominie de son mari 2 ). Enfin l'horizons'cclaircil. Le glaive suspendu si longtemps au des-sus de la tète de Jean Rubens semblait s'émousser.Le docteur Schwartz, qui avait servi d'intermédiaire à
1) Voir pièces justificatives, n°. I.
2) Voir pièces justificatives, n n . XIII, passim.