souple, & fait pour rint.rigue; avec une ambition ddmesurde, avecles sommes qui 11'eussent, jamais du servil 1 qu'ä tdinoigner sarecomioissanee ä son Bienfaiteur, il sentit qu'il pouvoit tout oser,& il osa. II lui falloit un fantöme pour mettre en avant, parceque l'ami Basile a toujours la prudence de ne s'y mettre jamais.II jetta les yeux sur la personne qui auroit du le moins se prßterä cette horrible tragedie, & ddsirer une Place qui a cause la morta son pere; mais il vient de prouver qu'il est d'un caraetdre tropfoible pour entamer une rdvolution & pour la soutenir, & que l'ona voulu, en le flattant d'une vaine gloriole, en faire l'Amphitrionde la Piece. Je lui crois le coeur bon. Que de larmes ne doit-ilpas verser aujourd'hui sur le sort de sa Patrie! Ce fut lui queS. choisit, & son Chef une fois endocumentd; il crut que M. Dauvendtoit le Protecteur de l'Entrepreneur des Jeux, & il s'attaqua autronc de l'arbre pour en abattre les branclies. II avoit vu dansFigaro que la calomnie est le nerf de toutes les intrigues, & il nel'epargna pas dans la sienne, & maniant adroitement le sophisme,il seduisit les uns, & ce fut le plus petit nombre, par de subtilsraisonnemens; il forija la niain ä d'autres sur les quels il avoitquelques droits pecuniaires: il donna aux ambitieux des iddesd'une fortune immense: il inspira par-tout la defiance, & il serapprocha intimdment de ceux pour lesquels il avoit le plusd'aversion, pour en faire les Ministres de sa vengeance.
Un evenement qui arriva pour lors sembla seconder ses vues,& il en profita. Cet evdnement fut la faillite du Tresorier de laville; eile fit beaucoup de mdcontens. Le Sr. S. süt en profiterpour aliener les esprits, & prdtendit que M. le BourguemaitreDauven devoit seul repondre du choix de ce Tresorier, ooinine s'ilpouvoit se faire quelque chose d'interessant dans la Republique sansle concours de tout le Conseil. 11 aigrit ceux qui n'etoient quemdcontens, il flatta l'ambition de ceux qui pretendaient aux premieresplaces, & qui en voyoient d'un oeil envieux la continuation dansles memes personnes, parce que le peuple qui connoit parfaitementses intdrdts, eontinuoit les Bourguemaitres, dont il n'avoit que toutsujet de se louer.
Oes intrigues sourdes ont durd depuis le mois d'Octobredernier jusqu'au mois de Fevrier de cette annee. Alors les Chefsdes novateurs, dont je vous ferai successivement les portraits dansmes Lettres prochaines, si ce ddtail peut ou vous amuser, ou vousinteresser; ces Chefs, dis-je, se crurent assez forts pour lever lemasque. Iis presentdrent au Magistrat un Memoire de pretendusgriefs. Iis le prdsentörent avec un air de pretention punissable,sans doute vis-ä-vis d'un Corps qui reprdsente le Souverain: mais