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l'esprit de cabale, qui veut tout renverser, & qui n'epargne niurgent, ni intrigues pour y reussir; niais l'animositö & la vengcaneene connoissent la reflexion, que pour ourdir plus sürement dansles tiinebres, la trame odieuse de leurs projets. Pour moi, qui aitout vu d'un oeil impartial, je crois pouvoir vous on tracer untableau fidele. Je ne vous offrirai que des faits.
On se plaint des alius dans 1'Administration. II peut, y enavoir; ou n'y en a-t-il pas; & comment oser les re former? ils existentdepuis longteins, & on veut en rendre garans les Administrateursactuels. Ceux-ci qui ne dösirent que le bien de la Republique,ont dit: Examinons ces abus; ils nous sont, encore plus a Chargequ'ä vous, & unissons-nous pour les corriger. Que pouvoient-ilsproposer de mieux ? Ce n'est pas lä ce que desiroient les Novateurs.Le bien ou le mal 6tre de l'dtat les intöresse fort peu: mais illeur faut un pretexte pour servir leur ambition & leur vengeance,& au lieu de concourir aux vues droites & justes des Bourguemaltres,ils ont entrepris de eulbuter la Regence actuelle, & sur-toutM. Dauven, la seule bonne t6te de la Ville en etat de conduirede pareils oisons, qui jusques ici avoit ete l'idole du Peuple, & quile seroit encore, si des sommes immenses d'argent, räpandues avecprofusion, n'avoient corrompus ceux qu'on ne pouvoit persuader.Dös que je parle de corruption, & qu'elle est prouvee, l'on voit,que ce n'est pas le Patriotisme, qui dleve Autel contre Autel, &il en faut cherclier les raisons ailleurs. Les grands eveneruenssont toujours amenes par de petites causes. II y en eut deux quiy concoururent, une dispute d'expectative d'un Perruquier quidonna la pröfärence ä Madame Dauven, sur un Dame fabricanted'Aiguille, qui oublia que tous les hommes sont ögaux dans uneRepublique democratique, & que les places seules oü l'on est portepar ses concitöyens font les distinctions, & qui lächa quelquespropos, qui n'etant pas restes sans riposte, öcliaufferent le cerveaude la famille riebe & devote, qui ne chercha plus que l'occasionde se procurer une vengeance eclatante.
Tantae ne animis caelestibus irae!
A cette premiere cause, s'en joignit un seconde.
L'Entrepreneur des Jeux en avoit cöde le privilege pendantplusieurs annöes au Sieur S., & ce dernier s'y est fort enrichi.L'Entrepreneur pour des raisons particulieres lui a ötö ce privilegepour le donner a une autre Compagnie, & a stipule comme'une clauseessentielle, que le Sieur S. ne pourroit y avoir aueun interet.Celui-ci outre de se voir öter la source toujours renaissante de sesricliesses, a meditö de s'en venger. Personne plus que lui n'ctoiten ötat de faire reussir cette entreprise. Avec un esprit remuant,