APERÇU HISTORIQUE
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.^à monarchie de juillet ne trouva tout d'abord rien à innover dans cette juris-prudence nobiliaire. « Tous les Français, disait la Charte de i83o, sont égauxdevant la loi, quels que soient, d'ailleurs, leurs titres et leurs rangs. »
La loi du 12 mai 183 5 abolit les majorats pour l'avenir, et, pour ceux créés, enborna la transmission à la troisième génération. Mais ces abolitions n'avaient au-cun effet quant au titre, qui restait transmissible, comme il l'eût été avec le ma-jorât auquel il était uni antérieurement.
Les choses en étaient là quand survint la catastrophe de 1848. On sait la me-sure radicale que prit, dans l'une de ses premières séances, la République démo-cratique et sociale. Sous la pression des exigences du jour, le Gouvernement pro-visoire promulgua ce fameux décret, qui n'était qu'une réminiscence :
« Tous les anciens titres de noblesse sont abolis; les qualifications qui s'y rat-tachaient sont interdites ; elles ne peuvent être prises publiquement, ni figurerdans un acte public quelconque. »
Mais à peu de distance de là, sous la date du 24 février 1852, paraissait unautre décret, émané du président de la République, ainsi conçu dans son articleunique :
« Le décret du Gouvernement provisoire en date du 29 février 1848, concer-nant les anciens titres de noblesse, est abrogé. »
Dès ce moment, la France se retrouva placée sous l'empire des idées et des loisou ordonnances qui régissaient la matière au temps de la Restauration et de lamonarchie de Juillet.
Résumons ce qui vient d'être exposé. Qu'est aujourd'hui la noblesse au milieude nous ? On ne peut se dissimuler que depuis longtemps les familles des grandsvassaux ne soient éteintes, ou à peu près, parmi nous. Quelques rares débris sontlà, debout encore, pour rappeler l'ancienne noblesse. Ce sont autant de monu-ments précieux de l'histoire des temps passés, que le respect et l'admiration con-templent. Mais à ces exceptions près, c'est dans les anoblissements prodigués auxxv e , xvi e , et xvu e siècles, que tout ce qui se pare encore d'une origine aristocra-tique doit aller puiser ses preuves.
La noblesse en France, à proprement parler, n'est donc plus, pour les uns,qu'un souvenir glorieux, et, pour le plus grand nombre, qu'une manière de dé-coration que chacun, pourtant, si improductive qu'elle soit, cherche à trans-mettre à ses proches, à l'aide de parchemins plus ou moins jaunis, ou d'actes del'état civil qu'on ne retrouve pas toujours aussi facilement qu'on voudrait. Car onne s'imagine pas ce que, réduite ainsi, cette décoration excite encore de convoi-tises ! Montlosier en a donné la raison. « La noblesse actuelle n'est, si l'on veut,qu'un simple ruban ; mais ce ruban, au lieu d'être annexé à un individu, est atta-ché à la famille entière, dans son universalité comme dans sa durée. La décora-tion, ainsi transportée de l'individu à la famille, si on veut la considérer par rap-port au souverain, qui en dispose, sera jugée d'une importance immense : c'estune des premières prérogatives de la couronne... Si on veut l'examiner dans l'im-pression qu'elle fait sur la généralité des citoyens, on sera étonné de cette impres-sion. 11 n'est pas nécessaire d'en recueillir les preuves; il suffit de faire remarquerla haine que l'envie cherche partout à soulever. »
Ce qu'écrivait M. de Montlosier sous la monarchie des Bourbons, est resté vraisous le second empire. Etre noble, d'antique origine, ou tout au moins le pa-raître, est resté, à l'égal de la richesse, le suprême besoin de notre époque, le point