XV
Jean la-Bon (déc. 1372), anoblit les maires et les échevins de Poitiers et leurssuccesseurs,"même -leurs descendants mâles et femelles, nés et à naître en loyalmariage et en ligne'directe, avec droit de parvenir à tout ordre et état de chevale-rie, et de posséder tous fiefs et arrière-fiefs.
Le roi Charles VI, entrant plus intimement dans le côté pratique de la ques-tion, autorisait les bourgeois de Paris à posséder fiefs et arrière-fiefs dans leroyaume, comme s'ils étaient de noble race et antique origine.
Le maire, les échevins de Tours, au nombre de vingt-quatre, étaient créés àvie, et anoblis, eux et leur postérité, en souvenir du mariage de Charles VII avecMarie d'Anjou ; — et l'on sait que les capitouls de Toulouse acquéraient la no-blesse en entrant en charge, et qu'ils la transmettaient à leurs descendants. Onconnaît l'ancienne formule proverbiale :
De grand'noblesse prend titoul,
Qui de Toulouse est capitoul.
Il va sans dire que le roi Louis XI ne fut pas moins libéral envers la bourgeoi-sie dont, systématiquement, il favorisait le développement; et nous avons.plu-sieurs ordonnances de ce prince qui témoignent de ses tendances. Nous ne cite-rons que ses édits en faveur des échevins de Tours, dont, en souvenir de la célé-bration de son mariage avec Marguerite d'Ecosse, il confirma et accrut les préro-gatives des échevins et conseillers de Niort, d'Angers, de Toulouse, qu'il anoblitou dont il confirma l'anoblissement.
Son successeur, Charles VIII, confirme et augmente les privilèges des clercs,notaires et secrétaires de la maison et couronne de France, et les anoblit en tantque de besoin, eux et leur postérité, les déclarant capables de recevoir tous ordresde chevalerie et toutes dignités, comme si leur noblesse était d'ancienneté et audelà de la quatrième génération.
C'est ici le lieu de mentionner la célèbre ordonnance de ce prince, touchant lefait armoiries. Par ses lettres patentes données à Angers le 17 juin 1487, il estdit « que plusieurs rois, princes, ducs, comtes, barons et autres nobles hommes,pour transmettre leur mémoire à la postérité, et pour se faire reconnaître dans lestitres qu'ils avaient mérités par leurs faits vertueux et leur magnanimité, avaientpris des armes et enseignes qui répondaient à ce qu'ils avaient de recommandable,lesquelles ils avaient transmises à leurs descendants, afin que, par ce tableau deleurs belles actions, leurs hoirs et successeurs fussent plus attentifs à suivre lechemin de la vertu ; que cet usage, reconnu de tout le monde, avait été plus par-ticulièrement attaché à la nation française, que le nom et les armes des Françaisseraient en un honneur éternel; et, comme l'intention du souverain est de con-server cette coutume, il ordonne qu'il serait fait un catalogue dans lequel seraientinscrites toutes les armes des ducs, princes, comtes, barons, seigneurs, châtelainset autres gens nobles, de toutes les provinces, baillages, sénéchaussées, prévotéset autres juridictions du royaume, pays de Dauphiné, comté de Provence, et autrespièces à elle appartenant; et, comme faute de connaissance de la science du bla-son, plusieurs armes étaient fausses, Sa Majesté donne pouvoir audit Bourbon deles voir et visiter, de les peindre et faire peindre, et mettre en ordre dans ledit ca-talogue, chacune selon son degré, même de retrancher ce qu'il trouverait répu-gnant à noblesse, aux dépens de ceux pour qui il reformerait ; et, enfin, d'ajouter