XV)
et suppléer, dans les écus ou timbres, tout ce qu'il trouverait y manquer, afin que,dorénavant, ceux auxquels elles appartiendraient/pussent en jouir sans débat nicontrainte. »
Ce recueil officiel des armoiries de la noblesse est certainement un des plusprécieux et des plus authentiques documents qui nous reste des archives de l'an-cienne noblesse de France. Il diffère essentiellement de Y Armoriai général de1696, en ce qu'il contient les armoiries de l'ancienne noblesse exclusivement,tandis que XArmoriai de d'Hozier, œuvre fiscale avant tout, contient les blasonsdes véritables nobles, sans doute, mais aussi des anoblis, des fonctionnaires detout rang, et d'une infinité de bourgeois exerçant le trafic et la marchandise.
Revenons aux actes de la royauté tendant à élargir les chances ouvertes à labourgeoisie d'arriver à la noblesse. Par un privilège spécial, les échevins deLyon, anoblis par lettres-patentes de Charles VIII, confirmées par Louis XII,François I" et ses successeurs, eurent la faculté de faire négoce, tant de l'argent,par forme de banque, que de toutes sortes de marchandises en gros, et de les teniren magasin, sans que ce commerce pût leur être imputé à dérogeance, pourvuqu'ils ne tinssent point boutique ouverte.
Les guerres d'Italie ouvrirent sous Louis XII une voie nouvelle à l'ambitiondes roturiers. Tout individu faisant profession d'armes, sans autre emploi connu,était réputé gentilhomme.
Le roi François I er écrivait en ces termes aux Rémois : « François, par la grâcede Dieu... à nos très-chers et bien amés les échevins, nobles bourgeois, et habi-tants de la ville de Rheims, salut et dilection... »
Charles IX, dès les débuts de son règne, entreprit de relever la noblesse et demettre un frein aux usurpateurs. Il fit défendre à tous gentilshommes et officiersde justice de faire le trafic et de prendre des fermes, et frappa d'amendes arbi-traires ceux qui usurperaient bassement et contre vérité les nom et titre de no-blesse.
Henri III s'occupa beaucoup de réglementer l'état de noblesse; mais ses ordon-nances contradictoires se ressentent des incertitudes de sa politique et des difficultésqui entravèrent l'action de son autorité. D'ailleurs, la prise d'armes des guerresde religion fit surgir de toutes parts des prétentions à la qualité de gen ilhomme,que tous les édits du monde, en ce temps de trouble et de désordre, ne pouvaientcomprimer.
Henri IV, le seul roi dont le peuple ait gardé la mémoire, et qui jurait : « Foide gentilhomme ! » essaya, par son éditde 1198, de mettre un frein à l'invasion dela roture, cet édit, révoquant tous les anoblissements accordés sous le règne pré-cédent, sans égard même aux privilèges de noblesse, obtenus par les officiers dejudicatureet de finances. « La licence et corruption des temps, dit encore son éditde 1600, a été cause que plusieurs, sous prétexte de ce qu'ils ont porté les armesdurant les troubles, ont usurpé le nom de gentilshommes, pour s'exempter in-duement des tailles... Pour à quoi remédier, défendons à toutes personnes deprendre le titre d'écuyer et de s'insérer au corps de la noblesse, s'ils ne sont issusd'un ayeul et père qui ait fait profession des armes, ou servi au public en quel-ques charges honorables, de celles qui, par les lois du royaume, peuvent donnercommencement de noblesse... » — Mais les soulèvements, les tentatives d'indé-pendance et de révolte de la Noblesse, firent bientôt revenir à la politique deLouis XI. Après les immolations à la Richelieu, la royauté, suivant une exprès-