XVIII
INTRODUCTION
justice, M. Martin (du Nord), se refusa toujours à contresigner le décret, leconsidérant comme illégal.
Le gouvernement de Juillet ne lit que 3 ducs, le maréchal Bugeaud, ducd'isly, M. de la Rochefoucauld, duc d'Estissac et le baron Pasquier, duc Pas-quier. 11 lit 19 comtes, 17 vicomtes, 59 barons. Il en est des titres de vicomteconférés par le roi Louis-Philippe comme du titre de marquis de Tallenay, ilsl'ont été illégalement et à coup sûr ce n'est pas M. Martin (du Nord) qui mitsa signature au bas des décrets. A ces 98 titres il ne convient pas d'ajouter,comme le font quelques écrivains spéciaux, les noms des personnes qui ontobtenu l'autorisation de prendre un nom nouveau ou d'ajouter à leur nompatronymique un surnom de terre. Ces autorisations n'ont pas eu pour butde conférer la noblesse, et il faut réduire à leur juste valeur ces semblantsd'anoblissement. Le Conseil du sceau institué pour donner son avis en cescirconstances, se serait souvent montré plus sévère s'il s'était agi de consacrerainsi des usurpations ou des fraudes.
La révolution de 1848 n'abolit pas les titres ; elle permit à tout le monded'en prendre. Toutes les prétentions jusque-là contenues se précipitèrentaussitôt sur la proie qui leur était offerte. Ce fut une vraie curée. Le secondEmpire crut devoir mettre un frein à ces appétits. La loi de 1858 fit défense deprendre la particule nobiliaire, des noms de terre ou des titres sans y avoir undroit réel et reconnu. Cette loi qui devait tout réparer fut parfois exécutée avecrigueur, parfois complètement négligée. Une loi qui n'est pas également invo-quée et appliquée est une loi caduque. Celle-ci perdit bientôt tout crédit, etbien avant la nouvelle révolution elle était tombée en désuétude.
Le second Empire, cédant à des sollicitations de ses hauts fonctionnaires,désireux de marcher de pair avec la noblesse du premier Empire, conféra, àpartir de 1856, des titres à 42 personnes et attribua la particule à 368. Telest du moins le nombre qu'on peut relever dans le Bulletin des lois; mais ilparaît y avoir eu un plus grand nombre de ces concessions et cette catégorieconstitue dans la noblesse un genre nouveau que l'on pourrait appeler des« nobles honteux ». Parmi les titres concédés et publiés sous Napoléon 111figurent quatorze ducs : Pélissier, Mac-Mahon, Tascher, d'Alberg, Morny,Châtelierault, Cambacérès, Montmorot, Persigny, Feltre-Goyon, Auerstœdt,Montmorency, Audiffred-Pasquier et d'Abrantès.
Plusieurs, entre autres ces cinq derniers, sont des titres substituésaprès extinction ; Châtelierault est un titre rétabli au profit de la maison- anglaise Hamilton-Douglas, issue par les femmes de la maison de Châtelie-rault. 11 faut noter Le Ray, qui fut, sans être noble lui-même, créé duc d'A-brantès a l'occasion de son mariage avec la dernière descendante de Junot. On