Druckschrift 
État présent de la noblesse française : contenant le dictionnaire de la noblesse contemporaine et l'armorial général de France d'après les ms. de Ch. Hozier
Entstehung
Seite
XVII
Einzelbild herunterladen
 

INTRODUCTION

XVII

que ces personnages étaient connus sous ces titres sans y avoir d'autredroit.

Trop souvent les héritiers du titre par courtoisie n'ont pas consenti àensevelir le titre dans la tombe paternelle ; ils le relevaient gaillardement, sur-tout à l'époque de relâchement de la Régence et aux abords de la Révolution.Ici encore nous devons fermer les yeux. 11 serait oiseux de discuter sur lavaleur de ces petites usurpations ; elles sont en quelque sorte consacrées parune possession d'état centenaire. La fraude ne se prescrit pas, mais on nesaurait qualifier d'un mot si dur ces petites faiblesses du cœur humain. Cequ'il est nécessaire de rappeler, c'est que la qualification donnée par le souve-rain lui-même était fort insuffisante pour créer un droit. Le noble espagnol quise couvre et se fait grand d'Espagne pour un mot échappé au prince, lepersonnage qui se croit comte ou marquis parce que « le roi l'a dit » sont dejolies fables à mettre au théâtre pour amuser un public ignorant, mais il n'enallait pas ainsi dans la réalité et l'on citerait difficilement dans l'histoire un seulexemple qui pût justifier sur ce point les écrivains modernes. 11 faut reléguerces historiettes au même rang que cette plaisanterie souvent rééditée sérieuse-ment par nos romanciers, que tout bâtard était réputé gentilhomme parcequ'on ne savait pas s'il n'était pas fils de prince ou de roi.

L'Empire avait créé 9 titres de princes, 32 ducs, 388 comtes, dont 42 seu-lement avec majorats et 84 avec dotation impériale, au total 126 titres decomtes transmissibles; il avait fait 1,090 barons dont 468 seulement étaienthéréditaires. On voit qu'il doit rester aujourd'hui bien peu de titrés du premierEmpire qui aient le droit légal de porter un titre.

La Restauration fit 17 ducs, 70 marquis, 83 comtes, 62 vicomtes, 215barons; elle conféra la noblesse à 785 familles. Mais la Restauration elle-même sentit le besoin d'élever une digue aux prétentions nobiliaires et elleétablit dans la loi du 20 février 1824 que les nouveaux titres qui n'étaient pointfondés sur un majorât prendraient fin à la seconde génération.

La révolution de Juillet apporta un trouble nouveau dans la législationet dans la réglementation. Elle fit revivre les lois de l'Empire, ce qui inter-disait au roi la faculté de créer des marquis et des vicomtes. On cite à ce proposun fait curieux. Une famille Marqués, originaire d'Espagne et qui s'était établieen France, elle avait pris le surnom de Tallenay, avait traduit naturellementson nom par Marquis. Marquis était un nom propre et non un titre. Cepen-dant avec le temps, l'usage s'était établi dans la famille de faire un titre dunom propre. On voulut régulariser la situation. Des lettres patentes furent de-mandées. Le roi Louis-Philippe, qui comptait un marquis de Tallenay dans sadiplomatie, se montrait favorable à cette prétention ; mais le ministre de la

3