XIV
INTRODUCTION
d'un revenu de 30,000 francs dont un tiers serait affecté à la dotation dutitre, si le titulaire voulait laisser un autre baron après lui. Enfin les membresde la Légion d'honneur avaient le titre de chevalier et il était transmissible sion pouvait y joindre trois mille francs de revenu propre. L'Empereur seréservait, d'ailleurs, la faculté de concéder les titres qu'il jugerait utile auxgénéraux, préfets, officiers civils et militaires pour services rendus à l'Etat,mais il défendait de « s'arroger des titres ou qualifications» qui n'auraient pasété conférés par le souverain. C'était la confirmation du décret de l'Assembléenationale qui abolissait tous les titres anciens. Cette interdiction expliquecomment il se fit que des marquis de l'ancienne France devinrent tout à coupdes comtes du nouvel Empire, comme le marquis de Grouchy, le marquis LeLièvre de Lagrange, et qu'un duc d'Aremberg se contenta du même titre enattendant qu'il pût reprendre, en 1814, son titre héréditaire.
Les majorats n'étaient pas tous constitués par les familles, « majorats surdemande » ; beaucoup furent, on le sait, constitués d'office, « majorats depropre mouvement », et leurs dotations étaient prises sur le domaine de l'Etat,le plus souvent sur les biens annexés des provinces conquises. Il est nécessairede faire observer d'ailleurs que tous ces titres de l'Empire, sauf le cas de majo-rât, étaient personnels et viagers. Presque tous sont depuis longtemps éteintset les héritiers qui les ont conservés les portent sans droit aucun.
A cette noblesse nouvelle il fallait des armoiries. 11 fut fait à cette occa-sion, sur les données des vieux héraldistes, un code nouveau dont les règlesmarquent singulièrement le parti pris d'un enchaînement hiérarchique. 11 esttrès curieux ce code ; il montre un esprit de classification qui rappelle lesusages de l'extrême Orient. Les princes et grands dignitaires portaient en chefde leurs armoiries « d'azur semé d'abeilles d'or ». L'azur est le champ de l'écude France ; l'Empire l'avait conservé, mais au semé de fleurs de lis d'or, ilavait substitué des abeilles. Tous les écussons de villes qui portaient un« semé de France » portèrent désormais un « semé d'abeilles ». C'était lelien nouveau, la marque nouvelle de suzeraineté. Les ducs portèrent en chef« de gueules semé d'étoiles d'argent ». Dans la hiérarchie impériale, le titre deduc est inférieur à celui de prince. C'est la donnée germanique et latine. Lesautres titrés portaient un franc-quartier en rapport supposé avec leur dignité;les comtes sénateurs le posaient à dextre et le blasonnaient « d'azur à unmiroir d'or en pal autour duquel s'enroule un serpent se mirant », emblème,dit-on, de la prudence sénatoriale. Les comtes archevêques avaient le franc-quartier aussi à dextre, « d'azur à la croix pattée d'or » ; les comtes mili-taires, « franc-quartier à dextre, d'azur à l'épée haute en pal, d'argent mon-tée d'or »; les barons évêques, « franc-quartier à sénestre, de gueules à la croix