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État présent de la noblesse française : contenant le dictionnaire de la noblesse contemporaine et l'armorial général de France d'après les ms. de Ch. Hozier
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INTRODUCTION

langue de M me de Sévigné, et en avait fait la conquête plus sûrement que parles armes.

A la veille de 1789, les quatre cinquièmes de la noblesse, suivant Chérin,n'avaient aucun droit sérieux d'y prétendre. La Révolution, aveugle et vio-lente, essaya de déraciner l'arbre qui lui portait ombrage en même temps queles végétations parasites qui couvraient le sol. Le bon devait payer pour lemauvais. La noblesse équivoque avait préparé le mouvement et n'eut aucunepeine à s'y rallier pour en profiter. Si un sentiment généreux, bien que peuéclairé, conduisit une partie de la noblesse de race à s'immoler dans la nuitdu 4 août, la noblesse de parlement avait préparé l'opinion à en exiger davan-tage. La dissolution sociale dont elle devait être l'une des premières victimes,ne manqua pas de s'étendre à l'idée même de noblesse après l'avoir exclue detoute action politique et l'avoir poursuivie jusqu'en ses possessions de droitnaturel. Un an s'était à peine écoulé qu'une loi (17 juin 1790) abolissait lestitres et les distinctions nobiliaires. Les 16 mai et 24 juin 1792, un stupidedécret de l'Assemblée nationale ordonne de brûler les papiers généalogiqueset les documents nobiliaires ; elle prive ainsi la France d'une partie précieusede ses richesses historiques.

A partir de ces lois, complétées par celle du 20 septembre 1792 quiplaçait les registres de l'état civil dans les mains des municipalités sous lasurveillance des pouvoirs judiciaires, et surtout par celle du 6 fructidor an 11,qui punissait d'un emprisonnement de six mois toute personne qui pren-drait d'autres nom et prénoms que ceux de son acte de naissance, les nomssont réduits au nom patronymique ; les surnoms pris des fiefs et des seigneu-ries, ou usurpés par leurs propriétaires, doivent disparaître. En réalité ils sefixent, ils se consolident pour ainsi dire dans l'ombre et reparaîtront plus tardsans distinction d'origine et aussi sans règle et sans frein. On va plus loin :le 29 novembre 1797, la Convention enlève aux ci-devant nobles et anoblisleurs droits politiques et les place dans la condition d'étrangers. La Révolu-tion allait contre la nature humaine; il était clair que celle-ci, l'orage passé,reprendrait ses droits.

C est ce que l'on vit bientôt. La Révolution avait essayé de supprimer lanoblesse, Napoléon essaye à son tour de créer une noblesse nouvelle. Aprèsseize années, les distinctions nobiliaires, la particule et les titres qu'on avaiteffacés reparaissent. Mais déjà le chef de l'Empire français avait préludé à sesprojets en réservant dans les contrées conquises par ses armées les grands fiefsqui devaient récompenser un jour les auxiliaires de sa haute fortune. Unsénatus-consulte du 14 août 1806 décide que « lorsque Sa Majesté le jugeraconvenable, soit pour récompenser de grands services, soit pour concourir