AVANT-PROPOS
III
digne sans oublier que l'ouvrage, bien que tiré à un petit nombred'exemplaires, ne devait pas atteindre un prix trop élevé. Cetteforme matérielle, on a la prétention de l'avoir rendue presque irré-prochable. On a fait fondre les caractères du type elgévirien leplus beau ; on a fait fabriquer le papier exprès, et. au lieu, d'em-ployer simplement un bon produit, on a choisi un papier de qualitésupérieure. L'impression a été confiée à une imprimerie où dessoins particuliers sont apportés à ce genre de travail. Enfin, tousles blasons ont été refaits, revisés, dessinés par les hommes les pluscompétents en ces matières, et la gravure a été exécutée sous uneattentive direction. On peut affirmer qu'aucun livre de ce temps-cine donnera de plus parfaites empreintes des armoiries françaises,de plus correctes et d'un style plus pur.
Mais toutes ces qualités d'exécution matérielle seraient fortinsuffisantes; elles produiraient peut-être un beau, livre ; c'est letravail de correction, d'élimination et de contrôle qui en fera seu-lement un bon livre. Pour qu'il fût parfait, il faudrait qu'il con-tint seulement les noms qui ont un droit prouvé à la noblesse etqu'il les contint tous. La confusion engendrée par la Révolutiondans les familles nobles, les usurpations qui en ont été la consé-quence, les additions de noms qui, sans conférer la noblesse encommuniquent l'apparence, ont rendu le travail de recherche fortpénible et jusqu'à un certain point danger eux. On n'espère pasavoir encore cette fois débrouillé complètement le chaos, mais ona la confiance d'avoir préparé le terrain pour l'œuvre définitive.Quant aux lacunes, elles sont l'effet de ce que l'on appellerait volon-tiers une négligence coupable. Si beaucoup de nobles de vieillesouche ont répondu à l'appel qui leur a été adressé et ont apportéles renseignements dont on avait besoin pour compléter ce Livred'or, il n'en a pas toujours été de même des anoblis. Ils ont undroit réel à figurer dans cette publication; en négligeant de lerevendiquer, ils s'exposent à laisser croire qu'ils auraient peine àen justifier. Autant que possible on a suppléé à leur silence et l'onn'a pas voulu les priver d'un avantage qui leur était dû.