SU U LES JEUNES GENS. 3 I C)
été à même comme nous de développer leurs talentsprécoces ; et si mes ouvrages ont suppléé pour eux admanque de cette activité qui fait naître mille chosesnouvelles , j aurai atteint le but que je m'étais pro-posé. — Ah ! me dit-il, voilà bien votre indulgencepour les jeunes gens. — Mais, mon ami, je dis vrai:des temps plus heureux pour Fart culinaire m'ontservi à souhait , et je me suis occupé spécialementde mon état : voilà tout. — Eh bien ! répondit-ilavec vivacité , vous avez beau dire , ces jeunes gensne devraient point oublier ce que vous avez fait,pour eux.—Tenez , mon ami, je veux finir ici cettediscussion : vous saurez donc que j'emploierai tou-jours mon expérience pour les mettre dans la bonnevoie, en leur signalant leurs fautes et leurs égare-ments dans leurs travaux. Yous allez juger de ma re-montrance , elle est sondée sur des principes inva-riables,
Les arts et métiers ont des règles certaines, et, dèsqu'on s'en écarte , le bon sens des personnes qui ju-gent nos talents s'aperçoit aisément du manque delogique de ceúx qui veuienl innover, sans s'apercevoirdes vices de leurs innovations.
Depuis que la seconde édition de mon Pátissieia paru , j'ai donné de nouveaux socles en gradins,formés avec des moules à corbeille ; ils ont profité decette idée pour en abuser; mes modèles sont toujourscn harmonie avec les règles de l'art , tandisqu'ils ont imaginé de former des socles avec des bou-les , des formes de vase qui ne signifient rien , et desfragments de colonne qui portent les abaisses du mi-lieu seulement ; sur ces socles fragiles, ils posent ce ■