ET SUR LISS OUVRAGES DE M. CARÊMF. 3c>7
vraiment à se fixer que sous le règne de Louis XV ,nous (lirons seulement que ì usage des petits soupers,si connus dans notre histoire littéraire , fit la fortunedu iii c siecle. C est en effet dans ces petits soupersque se formèrent tant de rares génies; Voltaire , Di-derot, d'Alembert, et cette foule d'encyclopédistes,que leurs détracteurs accusèrent d'athéisme et d'im-moralité : imputation assez réfutée par la vie ex-quise de ces voluptueux écrivains, et qu'on pouvaittout au plus adresser à ['astronome Lalande, qui,à ce qu'on prétend , mangeait des araignées.
Nous voici arrivés aux jours de gloire de la gos -tronomie, h cette mémorable révolution qu'elle seulea fait naître , et qu'elle achèvera. On sait commentla cuisine française a étendu ses conquêtes de procheen proche, comment elle a dressé ses batteries au seindes foyers étrangers , et substitué ses ingénieux pro-cédés à la polenta des Italiens , au verdame des Ra-gusais, aux insipides garbanzos des Espagnols, et ausauerkraut des Tudesques. C'est d'elle qu'on peutaffirmer qu'elle fera le tour du monde ; elle est enmarche, et on ne i'arrêlera pas. Voyez comme de-puis long-temps tous les arts de l'esprit et de la mainconcourent à la seconder, L'agriculture a sacrifié lesjachères au système des assolements ; la navigationnous a enrichis de plusieurs végétaux utiles ; l'écono-mie politique a proclamé la liberté des céréales ; lamécanique et la chimie ont fourni les tablettes debouillon à l'usage des voyageurs, les fruits et les lé-gumes préparés de M. Appert, la marmite autoclavede M. Lemare , et les soupes à la Rumford. La lé-gislation elle-même , en reconnaissant le principe de
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