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sociétés, à rélévation et à la chute des empires, à lanaissance et aux progrès des lettres , des sciences, desarts, de la philosophie et des lois.
A quoi faut-il attribuer l'ignorance et la barbarieoù végètent quelques races d'hommes? Pourquoi leshabitants des terres australes vivent-ils depuis untemps immémorial dans un état voisin de celui desbrutes? C'est que, pourvus de sens peu délicats, ré-duits à une pâture grossière, ils ne daignent pas mê-me s'abaisser au soin de préparer leurs aliments,dont ils ont fait une profession à part, déconsidéréeparmi eux. "Voilà la cause de leur infériorité rela-tive, ou , pour mieux dire , de leur dégradation.
Comparons avec ces sauvages les peuples de l'an-cienne Grèce. Vous les voyez, à leur point de dé-part, honorer les fonctions culinaires; leurs princesmêmes ne dédaignent pas de les pratiquer. Achille,dans l'Iliade, découpe les viandes que tient Anto-médon , tandis que Patrocle allume le feu. Ces com-mencements montrent déjà I'heureux instinct decette nation, faite pour exceller en tout, et annon-cent évidemment qu'elle civilisera l'Europe.
Etendons aux Romains cette comparaison. Dansles premières années de la république, leur goût estencore agreste, et leur cuisine dans l'enfance. Aussipoint d'arts , point de littérature : c 'est le temps dela rudesse des mœurs, jointe à l'esprit de violence etde rapine. Mais déjà cependant ils songent à bienvivre, et favorisent le travail qui sert à les nourrir. Ledictateur Cincinnalns cultivait lui-même ses choux;et le consul Curius Dentatus, qui ne dînait qu 'avecdes raves, les apprêtait de ses propres mains. 11 y a