2Q2 TROISIEME PARTIE.
rive (le la marée (le la Méditerranée, mais alors elleest. privée de fraîcheur. Ah ' quand je songe à cesprivations pour les Romains gastronomes, je nesuis plus étonné du prix exorbitant qu'ils mettaientpour avoic de bon poisson , et je suis tenté de croireque le turbot qui devint si célèbre par l'assemblée dusénat n'était pas d'une qualité supérieure à ceux quenous voyons tous les jours à la halle de Paris. Ah !je ne suis plus surpris de voir que ces somptueuxRomains servaient avec tant de pompe l'esturgeonqu'ils couronnaient de fleurs, et qu'ils portaient surla table au son des instruments. En effet, l'appari-tion de beau et bon poisson dans leurs festins devaitêtre pour eux un jour de fête solennelle !
O France! ô ma belle patrie! toi seule réunis danston sein les délices de la gastronomie !
jNaples est mieux partagée que Rome. Cette ville,baignée par la Méditerranée, a du poisson de nierexcellent et très varié , principalement la spine, quia quelque analogie avec la truite ; la dindiche, pois-son à grosse tête, et le poisson à épée, dont la chairest délicate et savoureuse. Cependant le turbot y estmaigre, et est loin d'avoir toutes les bonnes qualitésde ceux de nos parages. Ce beau pays, où règne unprintemps éternel, est assez bon pour les substancesalimentaires.
Par ce simple résumé mes confrères verront queles poissons de toute l'Europe sont à peu près lesmêmes : or il s'ensuit que les assaisonnements va-rient peu, sinon dans le Midi, où la chaleur du cli-mat exige que l'on force un peu en aromates et enépiceries. La manière de servir les poissons décrits