cîv
il est de première qualité; ca-rily en a de trois sortes.
Nous aimons en Grèce les vins doux et odorifé-rants. En certains endroits , on les adoucit en jetantdans le tonneau de la farine pétrie avec du miel;presque partout on y mêle de l'origan , des aromates,des fruits et des fleurs. J'aime, en ouvrant un demes tonneaux , qu'à l'instant l'odeur des violettes etdes roses s'exhale dans les airs, et remplisse mon cel-lier : mais je ne veux pas qu'on favorise trop un sensau préjudice de l'autre. Le vin de Byblos , en Phéni-cie, surprend d'abord par la quantité de parfumsdont il est pénétre. J'en ai une bonne provision ; ce-pendant je le mets fort au-dessous de celui de Lesbos,qui est moins parfumé, et qui satisfait mieux le goût.Désirez-vous une boisson agréable et salutaire, as-sociez des vins odoriférants et moelleux avec desvins d'une qualité opposée : tel est le mélange duvin d'Erytrhée avec celui d'Héraclée.
L'eau de mer mêlée avec le vin aide, dit-on, àla digestion, et fait que le vin ne porte point à latète ; mais il ne faut pas qu'elle domine trop. C'estle défaut des vins de Rhodes. On a su l'éviter dansceux de Cos. Je croîs qu'une mesure d'eau de mersuffit pour cinquante mesures de vin , surtout si l'onchoisit pour faire ce vin les nouveaux plants préfé-rablement aux anciens.
De savantes recherches nous ont appris la inanièrede mélanger les boissons. La proportion la plus or-dinaire du vin à l'eau est de deux à cinq et de un àtrois: mais, avec nos amis, nous préférons la propor-tion contraire, et sur la fin du repas nous oublionsces règles austères. Solon nous défendait lc vin pur.