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C'esl, de toutes ses lois, peut-être la mieux observée,grâces à la perfidie de nos marchands, qui affaiblis-sent celte liqueur précieuse. Pour moi, je fais venirmon vin en droiture, et vous pouvez être assurésque la loi de Solon ne cessera d'être violée pendanttout ce repas.
En achevant ces mots, Dinias se fit apporter plu-sieurs bouteilles d'un vin qu'il conservait depuis dixans, et qui fut bientôt remplacé par un vin encorepins vieux.
Nous bûmes alors presque sans interruption. Dé-mooharès, après avoir porté plusieurs santés, pritune lyre, et, pendant qu'il l'accordait, il nous entre-tint de l'usage où l'on a toujours été de mêler lechant aux plaisirs de la table. Autrefois, disait-il,tous les convives chantaient ensemble et à l'unisson.Dans la suite il fut établi que chacun chanterait àson tour, tenant à la main une branche de myrte oude laurier. La joie fut moins bruyante à la vérité ,mais elle fut moins vive. On la contraignit encore ,lorsqu'on associa la lyre à la voix. Alors plusieursconvives furent obligés de garder le silence. Thé-inistocle mérita autrefois des reproches pour avoirnégligé ce talent. De nos jours, Epaminondas a ob-tenu des éloges pour l'avoir cultivé. Mais, dès qu'onmet trop de prix à de pareils agréments, ils devien-nent une élude; l'art se perfectionne aux dépens duplaisir, et l'on ne fait plus que sourire au succès.
Les chansons de table ne renfermèrent d'abord'I uc des expressions de reconnaissance , ou des leçons( ' c sagesse. Nous y célébrions et nous y célébrons ens °re les dieux, les héros et les citoyens utiles à leur