Ixxxv
cornes d'urus ou de taureau sauvage. Lc Gaulois quiavait été assez heureux pour cn tuer un en prenaitles cornes, dit César, comme un monument de savaleur et de son intrépidité. II les ornait d'an-neaux d'or et d'argent, les étalait chez lui en pa-rade, et y faisait boire les convives à la rondelorsqu'il donnait un festin.
Cette coutume de boire dans des cornes se main-tint en France bien des siècles après que les tau -reaux sauvages y furent détruits; quelquefois mêmeles églises en employèrent, mais d'une espèce pluspetite, pour contenir le vin qui servait à dire lamesse.
Pour servir sur la table l'eau et le vin, comme 011n'avait ni carafons ni bouteilles, on avait imaginédifférents vases qui, selon leur forme ou leur capa-cité, s'appelaient pots, aiguières, hydres, barils,estamoies, justes, pintes, quartes. Le hanap étaitune espèce de coupe montée sur un pied élevé en for-me de calice.
Un autre vase bizarre par sa forme était celuiqu'on appelle nef. II avait la forme d'un navire, etétait destiné à contenir la salière, la serviette,etc., du prince : car ce meuble ne convenait qu'auxsouverains et aux très grands seigneurs. Dans l'in-ventaire de l'argenterie de Charles Y on comptaitvingt et une nefs d'argent, dont la plus grande pesait70 marcs.
Anciennement, chez les personnes à qui leur ranget leur qualité permettaient une vaisselle en or ou enargent, on étalait les différentes pièces principalessur un buffet ou crédence , qui avait pris le nom de