Ixxxvj
dressoir. D'après la vie retirée que menaient alorsles rois, princes et seigneurs puissants, renferméstoute l'année dans leurs châteaux ou palais, et n'ou-vrant leurs cours qu'à certaines fêtes ou à de grandessolennités, ce dressoir était presque le seul moyenqu'ils eussent d'étaler leur magnificence. Chilpéricpossédait un plat d'or massif du poids de cinquantelivres, et enrichi de pierreries; et Sisenade, roi d'Es-pagne, promit à Dagobert un plat d'or pesant cinqcents livres.
Cette espèce de luxe, qui consiste à avoir une vais-selle nombreuse en or et en argent, était portée à untel point sous la troisième race , que Philippe-le-Beldéfendit par une ordonnance à ceux de ses sujetsqui ne possédaient pas six mille livres tournois d'a-voir vessellement d'or ne d'argent pour boire nepour mangier. Par une autre ordonnance il obligeaeeux qui avaient été exceptés à porter à la monnaiela moitié de leur vaisselle; enfin en i3io il défenditaux orfèvres d'en fabriquer.
Plus modéré que lui, Charles-le-Bel se contentad'interdire toute pièce qui pèserait plus d'un marc.
Ces ordonnances eurent apparemment peu de suc-cès: car l'historien Froissard , qui écrivait dans lequatorzième siècle, nous cite un écuyer gascon quise faisait suivre d'une vaisselle d'or et d'argent aveclaquelle lui et ses gens étaient servis.
En i457,le comte de Eoix donna à Tours auxambassadeurs de Eadislas d'Autriche un banquetfameux. II y eut à ce repas douze tables de septservices chacune; et, pour chaque service, il y eutà chaque table cent quarante plats d'argent. Que