Ixxxij
« devant ; il en est d'autres assis comme eux et ar-ec niés de leurs lances. Les uns et les autres, au reste,« sont traités comme leurs maîtres.
« La boisson des riches est du vin qu'ils tirent« d'Italie ou des environs de Marseille, et qu'on« leur sert de la manière suivante. Le domestique« chargé de cette fonction apporte dans chaque« main un vase de terre ou d'argent, semblable à« une marmite et rempli de vin. Chacun y puise.« On boit peu à la fois, mais on boit souvent et« presque toujours pur. Les plats sur lesquels on« apporte les viandes sont de la même matière que« les vases. Quelques Gaulois cependant en ont en« cuivre ; et d'autres , au lieu de plats, se servent de« corbeilles tressées en osier.
« II existe chez eux une coutume fort ancienne,« qui quelquefois ensanglante leur repas. Celui qui« prétend à l'honneur d'être le plus brave de la« troupe saisit un quartier de viande; si quelqu'un« dans la compagnie se trouve avoir la même pré-« tention , il se lève ; et alors les deux rivaux se bat-« tent jusqu'à ce que l'un des deux tombe mort. »
Nous venons de voir que , dans l'origine , les Gau-lois s'asseyaient sur du foin pour prendre leurs repas.Bientôt les Romains, établis chez eux, leur appri-rent à connaître la sorte de lit dont ils se servaientau lieu de sièges; mais cette mode gênante et mal-saine ne dura pas long-temps ; les Gaulois substituè-rent bientôt aux lits des escabeaux de bois sur les-quels ils mangeaient assis.
Cependant les sellettes et les escabeaux n'étaientemployés que dans les repas domestiques. Toutes