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leur confection n'a pas le temps, et plus souventencore n'a pas le talent de les préparer. Je diraidonc avec ma franchise accoutumée : pourquoi ne pasquitter cette manière de couvrir les tables bour-geoises à l'imitation de celles des grands. Cette co-quetterie de table ne sert qu'à mieux faire voir toutle ridicule de cette manie , qui coûte beaucoup, sanspour cela arriver aux résultats que l'on se propose pourfaire bonne chère, et pour la faire faire à ses amis.
Je voudrais que, dans notre belle France, tout ci-toyen pût manger des mets succulents : et cela estfacile, quand on est servi à souhait par la Providence,comme nous le sommes; car tout ce qui constitue labonne chère se trouve là sous notre main. Je pro-poserai donc de servir désormais quatre mets au lieude huit, et de les servir l'un après l'autre , ils en se-ront plus chauds et meilleurs. On devrait seulementservir sur la table le peu de dessert que l'on pour-rait offrir, et y mêler des vases de fleurs, dontles rues de Paris abondent en toute saison ; le milieude la table serait réservé pour y poser tour à tour leservice de cuisine.
Je voudrais donc qu'il fût servi d'abord un bonpotage, qui ne tût pas toujours la soupe au pain ,mais bien nos purées de plantes légumineuses , de ra-cines et d'herbages garnis de pâte , de gruau , d'orgeperlé, de riz , de sagou, et de tapioca ; ensuite, quel'on servît le bouilli, mais toujours garni autour d'ex-cellentes racines glacées; et, ce qui serait plus digneencore de l'Amphitryon, de ne point servir le bouilli,mais, à sa place, un beau filet de bœuf, soit piqué etglacé à la broche, ou braisé, et surtout garni de