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1 Pt. 1 (1843)
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Dans toutes les campagnes que fít l'empereur , sonpremier maître-d'hôtel le suivit avec empressement,marchant souvent avec l'état-major de la garde ,afin de savoir de l'empereur lui-même les heuresqu 'il décidait pour faire halte. Quelquefois il se trou-vait au milieu des bataillons carrés de la garde del'empereur; puis, au milieu de la canonnade et de lamitraille, il observait douloureusement le carnageeffroyable des champs de bataille ; et cet homme debouche faisait de bien tristes réflexions sur la des-truction des hommes qui périssent à l'armée , luidont la mission était d'alimenter et de ranimerl'hommeparla science gastronomique. Aussi, autantl'ardeur guerrière du soldat français le pousse à lavictoire, autant le génie culinaire de Dunan lui fai-sait-il souhaiter le succès de nos armes. Mais la paixseulement pouvait le rendre à lui - même : alors iljouissait de la victoire avec délices, dans les banquetssolennels que l'empe-reur donnait à ses générauxaprès les batailles. II entendait raconter les faits glo-rieux de nos armes, et il disait en lui-même : cc J'étaisau milieu de vous ; et, si je n'étais point armé pour lapatrie, je la servais cependant avec dévoûment encontribuant de tous mes moyens à la conservationde la santé du grand homme sur lequel reposaientles destinées de la France. »

Mais le premier maître - d'hôtel de l'empereurnetait véritablement heureux qu'à Paris:, en-toure de toute sa brigade, son service était plus di-gne de son maître ; aussi c'était à Paris que ses soinsetaient le plus remarqués de l'empereur.

Pendant le moment du dîner, Napoléon avait-il

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