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avait semblé être frappé par la foudre ; il resta im-mobile et stupéfait de la scène extraordinaire qui ve-nait de se passer. Les écuyers tranchants et les va-lets de pied sc hâtèrent de tout ramasser, tandis quele premier maître-d'hôtel, tout étourdi de sa disgrâce,résolut d'aller chez le maréchal du palais demandersa démission, en lui racontant l'affaire. Celui-ci luifit observer qu'il avait le plus grand tort de vouloirquitter le service de l'empereur, et qu'il devait sansperdre de temps faire préparer un second déjeuner;que l'empereur avait eu un moment de vivacité,mais qu'il ne manquerait pas de faire demanderbientôt un second service. Notre maître-d'hôtel sedécida avec peine, et obéit cependant aux ordres dugrand maréchal (Duroc).
En effet, à peine le déjeuner fut-il préparé qu'ilfallut le servir. Ce fut Roustant qui se présenta àl'empereur. Sa Majesté demanda pourquoi Dunann'entrait pas pour le servir. Celui-ci arriva tou-t mor-tifié. II servit un poulet rôti à l'empereur, qui lui enfit compliment; et, lui faisant signe d'approcher, SaMajesté lui toucha plusieurs fois sur la joue avecbonté, et lui dit: « Ah! mon cher Dunan , vous êtesplus heureux d'être mon maître-d'hôtel que moi d'ê-tre empereur ; y> puis il continua son déjeuner avectristesse. Le pauvre Dunan s'aperçut que l'hommetout- puissant et revêtu de la pourpre des rois n'étaitpas plus exempt que lui d'éprouver des peines pro-fondes.
Plusieurs événements avaient véritablement at-tache M. Dunan a cet homme extraordinaire; losfaits suivants vont le prouver de plus en plus.