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en le jetant clans le Grand Océan, loin de la routedes navires, dans un lieu écarté, dont les vents, quisoufflent toujours de la même partie, les repoussentsans cesse. Les seuls navigateurs qui revenaient desmers éloignées des Indes la rencontraient quelque-fois dans leur passage, et s'en éloignaient. Aujour-d'hui, de grands souvenirs se sont attachés à cetteterre isolée ; et les voyageurs de toutes les nations ,surmontant l'horreur qu'inspire ce lieu, osent yaborder.
Après avoir longé de très près trois à quatre lieuesde cette côte sauvage , dominant les mâtures les plusélevées, et sur les murs grisâtres d'une batterie , onlit de loin en gros caractères noirs cette inscriptionanglaise : Send a boat (envoyez un canot à terre).
Cette batterie , toujours prête à faire feu, assurel'exécution de cet ordre , qui semble aujourd'hui sansutilité fixe, et a dû avoir été donné, pour la pre-mière fois , dans le temps où il n'était permis qu'auxseuls navires anglais d'approcher de Pile.
Le canot revenu, on passa outre. Les forts, quise multiplient de toutes parts sur les hauteurs de lacôte, annoncent l'approche d'un lieu habité, et bien-tôt, dans le creux étroit d'une profonde vallée ,on distingue les toits de quelques maisons; un rem-part ferme cette vallée et joint le pied des deux mon-tagnes qui la forment.
Sur lc bord de la mer, en dehors de ce rempart,est une forte batterie, devant laquelle mouillent lesnavires.
Tel est Pextérieur de Sainte-Hélène : je vais parlermaintenant de son intérieur.