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1 Pt. 1 (1843)
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XII
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mort plutôt que d'entendre parler d'un événementqui n'était point dépendant de lui, mais qui devaitcauser son déshonneur : telle était du moins sa mal-heureuse pensée. Cela n'empêche point que Yatelétait digne de servir le Grand Condé, et de comman-der les festins somptueux de la cour de Louis XIVà son voyage de Chantilly. La grandeur de son âme(pourquoi pas) lui avait inspiré la dignité de sonmandat. Son trépas me semble d'autant plus illustre,que peu d'hommes, de ceux même qui se mêlentde gouverner les empires, se suicident après avoirfait des fautes qui compromettent la dignité des roiset le sort des nations.

Maintenant, Madame , permettez-moi de retracerici quelques lignes sur la cuisine de l'archichancelierde l'empire dont vous avez fait mention dans votrecharmante narration du dîner de Boulogne.

Sous le règne de Napoléon , la cuisine française

ports de mer, et, ne voyant pas arriver les autres pourvoyeurs, le déses-poir s'empara de son âme ; il monte à sa chambre, s'enferme, et se don-ne trois coups d'épée ; le dernier lui traversa le cœur. On le cherchevainement, on enfonce la porte, et on le trouve mort, noyé dans sonsang. Le prince de Coudé apprit avçc douleur la perte de ce grand ser-viteur ; le duc de Bourbon en pleura. Le Grand Condé le dit à LouisXIV avec chagrin , et toute la cour, qui se trouvait à ce Chantilly si cé-lèbre , ne parlait plus que de Vatel. On loua fort ce point d'honneur,qui causa son suicide: on blâma son courage. Le roi dit qu'il retardaitdepuis cinq ans de faire le voyage de Chanlilly, craignant l'excès de cetembarras. Mais 1 illustre victime de l'art culinaire n'était plus. Le roipartit deux jours après.

Ces détails sont extraits de la seconde lettre que madame de Sévignéa adressée à madame de Griguan sur la fin malheureuse de Vatel.

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