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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. XXIII. 387ne vous en couteroit qu'un mot : mais ce mot lui-même vouscouteroit trop cher. Voudriez-vous ôter aux péres & aux méres laliberté & la consolation de choisir leurs gendres, & par conséquentleurs héritiers ? Ce seroit mettre toutes les familles dans le plus ri-goureux esclavage. Vous vous rendriez responsable de tous les mal-heurs domestiques de vos Citoyens. Les mariages ont assez d'épi-nes, sans leur donner encore cette amertume. Si vous avez desserviteurs fidéles à récompenser, donnez-leur des terres incultes, a-joutez-y des rangs & des honneurs proportionnez à leur condition& à leurs services. Ajoutez-y, s'il le faut, quelque argent prispar vos épargnes sur les fonds destinez à votre dépense : mais nepayez jamais vos dettes, en sacrifiant les filles riches, malgré leurparente.Idoménée passa bientôt de cette question à une autre. Les Sibarites, disoit-il, se plaignent de ce que nous avons usurpé des ter-res qui leur appartiennent, & de ce que nous les avons donnéescomme des champs à défricher aux étrangers que nous avons atti-rez depuis peu ici. Cederai-je à ces peuples ? Si je le fais, chacuncroira qu'il n'a qu'à former des prétentions sur nous. Il n'est pasjuste, répondit Mentor, de croire les Sibarites dans leur proprecause : mais il n'est pas juste aussi de vous croire dans la vôtre.Qui croirons-nous donc, repartit Idoménée ? Il ne faut croire,poursuivit Mentor, aucune des deux parties : mais il faut prendrepour arbitre un peuple voisin, qui ne soit suspect d'aucun côtétels sont les Sipontins : ils n'ont aucun intérêt contraire aux vo-tres. Mais suis-je obligé, répondit Idoménée, à croire quelquearbitre ? ne suis je pas Roi ? Un Souverain est-il obligé à se sou-mettre à des étrangers sur l'étenduë de sa domination ? Mentor re-prit ainsi le discours : Puisque vous voulez tenir ferme, il faut quevous jugiez que votre droit est bon. D'un autre côté les Sibaritesne relâchent rien ; ils soutiennent que leur droit est certain. Danscette opposition de sentimens, il faut qu'un arbitre choisi par lesparties vous accommode, ou que le sort des armes décide; il n'ya point de milieu. Si vous entriez dans une République il n'yCcc 2eût