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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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386 LES AVANTURESqui ont la tradition des plus anciens Oracles, & qui sont inspi-rez pour être les Interprêtes des Dieux. Employez seulement vo-tre autorité à étouffer ces disputes dès leur naissance. Ne montrezni partialité, ni prévention : contentez-vous d'appuyer la décisionquand elle sera faite. Souvenez-vous qu'un Roi doit être soumis àla Religion, & qu'il ne doit jamais entreprendre de la régler ; laReligion vient des Dieux : elle est au-dessus des Rois. Si les Roisse mêlent de la Religion, au lieu de la protéger, ils la mettent enservitude. Les Rois sont si puissans, & les autres hommes sont sifoibles, que tout sera en péril d'être altéré au gré des Rois, si onles fait entrer dans les questions qui regardent les choses sacrées.Laissez donc en pleine liberté la décision aux amis des Dieux, &bornez-vous à réprimer ceux qui n'obéiroient pas à leur jugement,quand il aura été prononcé.Ensuite Idoménée se plaignit de l'embarras il étoit, sur ungrand nombre de procès entre divers particuliers, qu'on le pressoitde juger. Décidez, lui répondoit Mentor, toutes les questionsnouvelles qui vont à établir des maximes générales de Jurispruden-ce, et à interpréter les Loix: mais ne vous chargez jamais de ju-ger les causes particuliéres ; elles viendroient toutes en foule vousassiéger. Vous seriez l'unique Juge de votre peuple. Tous les au-tres Juges qui sont sous vous deviendroient inutiles : vous seriezaccablé, & les petites affaires vous déroberoient aux grandes, sansque vous pu$$iez $uffire à régler le détail des petites. Gardez-vousdonc bien de vous jetter dans cet embarras : renvoyez les affairesdes particuliers aux Juges ordinaires. Ne faites que ce que nul au-tre ne peut faire pour vous soulager ; vous ferez alors les véritablesfonctions de Roi.On me presse encore, disoit Idoménée, de faire certains ma-riages. Les personnes d'une naissance distinguée qui m'ont suividans toutes les guerres, & qui ont perdu de très-grands biens enme $ervant, voudroient trouver une e$péce de récompense, en é-pousant certaines filles riches ; je n'ai qu'un mot à dire pour leurprocurer ces établissemens. Il est vrai, répondoit Mentor, qu'il