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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. XIX. 329un jour ; alors souviens-toi de ramener les hommes à l'agriculture,d'honorer cet Art, de soulager ceux qui s'y appliquent, & de nesouffrir point que les hommes vivent, ni oisifs, ni occupez à desArts qui entretiennent le luxe & la molesse : ces deux hommes quiont été si sages sur la terre, sont ici chéris des Dieux. Remarquez,mon fils, que leur gloire surpasse autant celle d'Achille & des autres Héros qui n'ont excellé que dans les combats, qu'un douxprintems est au-dessus de l'hyver glacé, & que la lumiére du Soleile$t plus éclatante que celle de la Lune.Pendant qu'Arcésius parloit de la sorte, il apperçut que Téléma-que avoit toujours les yeux arrêtez du côté d'un petit bois de lauriers & d'un ruisseau bordé de violettes, de roses, de lys, & deplusieurs autres fleurs odoriférantes, dont les vives couleurs ressem-bloient à celles d'Iris, quand elle descend du Ciel sur la terre pourannoncer à quelque mortel les ordres des Dieux. C'étoit le grandRoi Sésostris que Telémaque reconnut dans ce beau lieu ; il étoitmille fois plus majestueux qu'il ne l'avoit jamais été sur son trôned'Egypte. Des rayons d'une lumiére douce sortoient de ses yeux,& ceux de Télémaque en étoient éblouïs. A le voir on eut cruqu'il étoit enyvre de nectar, tant l'esprit divin l'avoit mis dans untransport au-dessus de la raison humaine pour récompenser ses vertus.Télémaque dit à Arcésius : Je reconnois, ô mon pére, Sésostris,ce sage Roi d'Egypte, que j'y ai vu il n'y a pas long-tems. Le voilà,répondit Arcésius; & tu vois par son exemple combien les Dieux sontmagnifiques à récompenser les bons Rois : mais il faut que tu sachesque toute cette félicité n'est rien en comparaison de celle qui lui étoitdestinée, si une trop grande prospérité ne lui eût fait oublier dansses guerres les règles de la modération & de la justice. La passionde rabai$$er l'orgueil & l'in$olence des Tyriens l'engagea à prendreleur ville. Cette conquête lui donna le désir d'en faire d'autres; ilse laissa séduire par la vaine gloire des Conquérans : il subjugua, oupour mieux dire, il ravagea toute l'Asie. A son retour en Egypteil trouva que son frére s'étoit emparé de la Royauté, & avoit al-téréT