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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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288 LES AVANTURESfin son glaive perce Cléoménes nouveau marié, qui avoit promis àson épouse de lui porter les riches dépouilles des ennemis, maisqui ne devoit jamais la revoir.Adraste frémit de rage voyant la mort de son fils, celle de plu-sieurs Capitaines, & la victoire qui échape de ses mains. Phalan-te presque abattu à ses pieds est comme une victime à demi égorgéequi se dérobe au coûteau sacré, & qui s'enfuit loin de l'Autel. Ilne faloit plus à Adra$te qu'un moment pour achever la perte duLacedémonien.Phalante noye dans son sang, & dans celui des soldats qui com-battent avec lui, entend les cris de Télémaque qui s'avance pourle secourir. En ce moment la vie lui est rendue, un nuage quicouvroit déja ses yeux se dissipe. Les Dauniens sentant cette atta-que imprévuë, abandonnent Phalante pour aller repousser un plusdangereux ennemi. Adraste est tel qu'un tygre, à qui des Ber-gers assemblez arrachent la proye qu'il étoit prêt à dévorer. Télé-maque le cherche dans la mêlée, & veut finir tout-à-coup la guer-re, en délivrant les alliez de leur implacable ennemi.Mais Jupiter ne vouloit pas donner au fils d'Ulysse une victoiresi prompte & si facile. Minerve même vouloit qu'il eût à souffrirdes maux plus longs, pour mieux apprendre à gouverner les hom-mes. L'impie Adra$te fut donc con$ervé par le pére des Dieux, àfin que Télémaque eût le tems d'acquérir plus de gloire & plus devertu. Un nuage épais que Jupiter assembla dans les airs, sauvales Dauniens ; un tonnerre effroyable déclara la volonté des Dieux.On auroit cru que les voûtes éternelles du haut Olympe alloients'écrouler sur les têtes des foibles mortels; les éclairs fendoient lanuë de l'un à l'autre Pole ; & dans le moment ils éblouïssoientles yeux par leurs feux perçans, on retomboit dans les affreusesténébres de la nuit. Une pluye abondante qui tomba dans l'instant,servit encore à séparer les deux armées.Adra$te profita du $ecours des Dieux, $ans être touché de leurpouvoir, & mérita, par cette ingratitude, d'être réservé à uneplus cruelle vengeance. Il se hâta de faire passer ses troupes entre lecamp