Druckschrift 
Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
Seite
287
Einzelbild herunterladen
 

DE TELEMAQUE. LIV. XVII. 287jours libre & tranquile, toujours appliqué à donner des ordres,comme pourroit faire un sage vieillard attentif à régler sa famille,& à instruire ses enfans : mais il est prompt & rapide dans l'éxécu-tion. Semblable à un fleuve impétueux, qui non-seulement rou-le avec précipitation ses flots écumeux, mais qui entraîne encoredans sa course les plus pesans vaisseaux dont il est chargé.Philoctéte, Nestor, & les Chefs des Manduriens & des autresNations sentent dans le fils d'Ulysse je ne sai quelle autorité, àlaquelle il faut que tous cédent. L'expérience des vieillards leurmanque, le conseil & la sagesse sont ôtez à tous les Commandans;la jalousie même si naturelle aux hommes s'éteint dans tous lescœurs ; tous se taisent, tous admirent Télémaque, tous se ran-gent pour lui obéir sans y faire de réfléxions, & comme s'ils yeussent été accoutumez. Il s'avance & monte sur une colline, d'ouil observe la disposition des ennemis. Puis tout-à-coup il juge qu'ilfaut se hâter de les surprendre dans le désordre ils se sont mis,en brûlant le camp des alliez. Il fait le tour en diligence, & tousles Capitaines les plus expérimentez le suivent. Il attaque les Dau-niens par derriére, dans un tems ils croyoient l'armée des al-liez envelopée dans les flames de l'embrasement. Cette surprise lestrouble; ils tombent sous la main de Telémaque, comme les feuil-les dans les derniers jours de l'Automne tombent des forêts, quandun fier Aquilon ramenant l'hiver, fait gémir les troncs des vieuxarbres, & en agite toutes les branches. La terre est couverte deshommes que Télémaque renverse. De son dard il perce le cœurd'Iphicles, le plus jeune des enfans d'Adraste. Celui-ci osa se pré-senter contre lui au combat pour sauver la vie de son pére, quipensa être surpris par Télémaque. Le fils d'Ulysse & Iphiclès é-toient tous deux beaux, vigoureux, pleins d'adresse & de courage,de la même taille, de la même douceur, du même âge, tousdeux chéris de leurs parens : mais Iphiclès étoit comme une fleurqui s'épanouït dans un champ, qui doit être coupée par le tran-chant de la faux du moissonneur. Ensuite Télémaque renverse Eu-phorion, le plus célèbre de tous les Lydiens venus en Etrurie. Enfin