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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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258 LES AVANTUREScune peine à m'emmener ; car la douleur de la mort d'Achille& le désir d'hériter de sa gloire dans cette célèbre guerre, m'enga-geoient assez à les suivre. J'arrive au siège, l'armee s'assemble au-tour de moi ; chacun jure qu'il revoit Achille : mais, hélas : iln'étoit plus. Jeune & sans expérience, je croyois pouvoir tout es-pérer de ceux qui me donnoient tant de louanges. D'abord je de-mande aux Atrides les armes de mon pére; ils me répondent cruel-lement : Tu auras le reste de ce qui lui appartenoit, mais pourses armes elles sont destinées à Ulysse.Aussitôt je me trouble, je pleure, je m'emporte : mais Ulys-se, sans s'émouvoir, me disoit: Jeune homme, tu n'étois pas avec nous dans les périts de ce long siège; tu n'as pas mérité de tel-les armes, & tu parles déja trop fiérement; jamais tu ne les au-ras. Dépouillé injustement par Ulysse, je m'en retourne dans l'Is-le de Scyros, moins indigné contre Ulysse que contre les Atrides.Que quiconque est leur ennemi, puisse être l'ami des Dieux ! OPhiloctéte! j'ai tout dit.Alors je demandai à Neoptoléme comment Ajax Télamonienn'avoit pas empêché cette injustice. Il est mort, me répondit-il.Il est mort, m'écriai-je ! & Ulysse ne meurt pas ; au contraire ilfleurit dans l'armée ! Ensuite je lui demandai des nouvelles d'An-tiloque fils du sage Nestor, & de Patrocle si chéri par Achille; ilssont morts aussi, me dit-il. Aussitôt je m'écriai encore : Quoimorts ! Hélas ! que me dis-tu ? Ainsi la cruelle guerre moissonneles bons, & épargne les méchans ! Ulysse est donc en vie, Tersite l'est aussi sans doute ? Voilà ce que font les Dieux ; & nousles louërions encore?Pendant que j'étois dans cette fureur contre votre pére, Neoptoléme continuoit à me tromper. Il ajouta ces tristes parolesLoin de l'armée Grecque, le mal prévaut sur le bien, je vaisvivre content dans la sauvage Isle de Scyros. Adieu, je pars;que les Dieux vous guériſſent.Aussitôt je lui dis : O mon fils, je te conjure par les manes deton pére, par ta mére, par tout ce que tu as de plus cher sur later