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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. XV. 257sois retentir les échos de tout le rivage, attendrirent son cœur.O Etranger! lui disois-je d'assez loin, quel malheur t'a con-duit dans cette Isle inhabitee? Je reconnois l'habit Grec, cet ha-bit qui m'est encore si cher. O! qu'il me tarde d'entendre ta voix,& de trouver sur tes lèvres cette langue que j'ai apprise dès l'enfan-ce, & que je ne puis plus parler a personne depuis si long-temsdans cette solitude. Ne sois point effrayé de voir un homme si malheureux, tu dois en avoir pitié.A peine Neoptoléme m'eut dit, Je suis Grec, que je m'écriai :O douce parole après tant d'années de silence & de douleur sansconsolation ! O mon fils ! quel malheur, quelle tempête, ouplutôt quel vent favorable t'a conduit ici pour finir mes mauxIl me repondit : Je suis de l'Isle de Scyros, j'y retourne; on ditque je suis fils d'Achille; tu fais tout.Des paroles si courtes ne contentoient pas ma curiosité, je luidis : O fils d'un pére que j'ai tant aimé ! cher nourrisson de Lycoméde, comment-viens-tu donc ici ? d' viens-tu ? Il me ré-pondit qu'il venoit du siège de Troye. Tu n'étois pas, lui dis-je,de la premiére expédition. Et toi, me dit-il, en etois-tu ? Alorsje lui répondis : Tu ne connois, je le vois bien, ni le nom dePhiloctéte, ni ses malheurs. Hélas ! infortuné que je suis, mespersécuteurs m'insultent dans ma misére ! la Grece ignore que jesouffre; ma douleur augmente; les Atrides m'ont mis en cet étatque les Dieux le leur rendent.Ensuite je lui racontai de quelle maniére les Grecs m'avoient àbandonné. Aussitôt qu'il eut écouté mes plaintes, il fit les sien-nes : Après la mort d'Achille, me dit-il.... (D'abord je l'interrompis, en lui disant: Quoi! Achille est mort? Pardonne-moi,mon fils, si je trouble ton récit par les larmes que je dois à tonpére) Neoptoléme me répondit: Vous me consolez en m'inter-rompant ; qu'il m'est doux de voir Philoctéte pleurer mon pére!Neoptoléme reprenant son discours, me dit : Après la mortd'Achille, Ulysse & Phénix me vinrent chercher, assurant qu'onne pouvoit sans moi renverser la ville de Troye. Ils n'eurent au-cuneKk