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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. XIV. 241repos que le bonheur de ses Concitoyens ! Au reste, on croira quec'est par ressentiment que vous ne voulez plus voir le Roi; s'il vousa voulu faire du mal, c'est qu'il ne vous a point connu. Ce n'estpas le véritable, le bon, le juste Philoclès qu'il a voulu faire périr;c'étoit un homme bien différent qu'il vouloit punir. Mais maintenant qu'il vous connoît, & qu'il ne vous prend plus pour un au-tre, il sent toute son ancienne amitié revivre dans son cœur. Ilvous attend. Déja il vous tend les bras pour vous embrasser. Dansson impatience, il compte les jours & les heures. Aurez-vous lecœur assez dur pour être inexorable à votre Roi, & à tous vos plustendres amis?Philoclès qui avoit d'abord été attendri en reconnoissant Hégé-sippe, reprit son air austére en écoutant ce discours. Semblable àun rocher contre lequel les vents combattent en vain, et tou-tes les vagues vont se briser en gémissant, il demeuroit immobile,& les prieres ni les raisons ne trouvoient aucune ouverture pour en-trer dans son cœur. Mais au moment Hégésippe commençoità désespérer de le vaincre, Philoclès ayant consulté les Dieux, ildécouvrit par le vol des oiseaux, par les entrailles des victimes, &par divers autres présages, qu'il devoit suivre Hégésippe.Alors il ne résista plus, il se prépara à partir; mais ce ne futpas sans regreter le désert il avoit passé tant d'années. Hélasdisoit-il, faut-il que je vous quitte, ô aimable grote, le som-meil paisible venoit toutes les nuits me délasser des travaux du jour!Ici les Parques me filoient au milieu de ma pauvreté des jours d'oret de soye. Il se prosterna en pleurant pour adorer la Nayade quil'avoit si long-tems désaltéré par son onde claire, & les Nymphesqui habitoient dans toutes les montagnes voisines. Echo entenditses regrets, & d'une triste voix les répéta à toutes les Divinitezchampêtres.Ensuite Philoclès vint à la Ville avec Hégésippe pour s'embar-quer : il crut que le malheureux Protésilas plein de honte & de res-sentiment ne chercheroit point à le voir; mais il se trompoit. Car leshommes corrompus n'ont aucune pudeur, & ils sont toujours prêtsHh