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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. XI. 177impatiemment qu'Idoménée espérât de les tromper encore une foisSouvent ils entreprirent d'interrompre Mentor ; car ils craignoientque ses discours pleins de sagesse ne détachassent leurs Alliez. Ilscommençoient à se défier de tous les Grecs qui étoient dans l'assem-blée. Mentor qui l'apperçut, se hâta d'augmenter cette défiancepour jetter la divi$ion dans l'e$prit de tous ces peuples.J'avouë, disoit-il, que les Manduriens ont sujet de se plaindre& de demander quelque réparation des torts qu'ils ont souffertsmais il n'est pas juste aussi, que les Grecs qui sont sur cette côtedes Colonies, soient suspects & odieux aux anciens peuples dupays. Au contraire, les Grecs doivent être unis entr'eux & se fai-re bien traiter par les autres ; il faut seulement qu'ils soient modé-rez, & qu'ils n'entreprennent jamais d'usurper les terres de leursvoisins. Je sai qu'Idoménée a eu le malheur de vous donner desombrages, mais il est aisé de guérir toutes vos défances. Teléma-que & moi nous nous offrons à être des ôtages, qui vous répon-dent de la bonne foi d'Idoménée. Nous demeurerons entre vosmains jusqu'à ce que les choses qu'on vous promettra, soient fidé-lement accomplies. Ce qui vous irrite, ô Manduriens, s'écria-t-il, c'est que les troupes des Crétois ont saisi les passages de vosmontagnes par surprise, & que par ils sont en état d'entrer mal-gré vous aussi souvent qu'il leur plaira dans le pays vous vousetes retirez, pour leur laisser le pays uni qui est sur les rivages dela mer. Ces passages que les Crétois ont fortifiez par de hautesTours pleines de gens armez, sont donc le véritable sujet de laguerre. Répondez-moi, y en a-t-il encore quelqu'autreAlors le Chef des Manduriens s'avança & parla ainsi : Que n'a-vous nous pas fait pour éviter cette guerre ? Les Dieux nous sonttémoins que nous n'avons renoncé à la paix, que quand la paix nousest échapée sans ressource, par l'ambition inquiéte des Crétois, &par l'impossibilité ils nous ont mis de nous fier à leurs sermensNation insensée! qui nous a réduits malgré nous à l'affreuse néces-sité de prendre un parti de désespoir contr'elle, & de ne pouvoirplus chercher notre sureté que dans sa perte. Tandis qu'ils conser-