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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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176 LES AVANTURESEnfin il s'écrie: O mon Pére! (je ne crains pas de vous nommerainsi) Le malheur de ne retrouver point mon véritable Pére, &les bontez que vous m'avez fait sentir, me donnent droit de meservir d'un nom si tendre. Mon Pére, mon cher Pére, je vous re-vois ! ainsi puissai-je revoir Ulysse. Si quelque chose pouvoit meconsoler d'en être privé, ce seroit de trouver en vous un autre lui-même.Nestor ne put à ces paroles retenir ses larmes, & il fut touchéd'une secrête joie, voyant celles qui couloient avec une merveilleuse grace sur les jouës de Telémaque. La beauté, la douceur & lanoble assurance de ce jeune inconnu, qui traversoit sans précautiontant de troupes ennemies, étonna tous les Alliez. N'est-ce pas,disoient-ils, le fils de ce vieillard qui est venu parler à Nestor ? sansdoute, c'est la même sagesse dans les deux âges les plus opposez dela vie. Dans l'un elle ne fait encore que fleurir ; dans l'autre elleporte avec abondance les fruits les plus mûrsMentor qui avoit pris plaisir a voir la tendresse avec laquelleNestor venoit de recevoir Telémaque, profita de cette heureusedisposition. Voilà, dit-il, le fils d'Ulysse si cher à toute la Gré-ce, & si cher à vous-même, ô sage Nestor ! le voilà, je vousle livre comme un ôtage & comme le gage le plus précieux qu'orpuisse vous donner de la fidélité des promesses d'Idoménée. Vousjugez bien que je ne voudrois pas que la perte du fils suivît celledu pére, & que la malheureuse Pénélope pût reprocher à Mentorqu'il a sacrifié son fils à l'ambition du nouveau Roi de Salente. Avec ce gage qui est venu de lui-même s'offrir, & que les Dieuxamateurs de la paix vous envoyent, je commence, ô peuples a$$em-blez de tant de Nations, à vous faire des propositions pour établirà jamais une solide paix.A ce nom de paix, on entend un bruit confus de rang en rangToutes ces différentes Nations frémissoient de courroux, croyantperdre tout le tems, l'on retardoit le combat; ils s'imaginoientqu'on ne faisoit tous ces discours, que pour ralentir leur fureur &pour faire échaper leur proye. Sur tout les Manduriens souffroientim-