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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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146 LES AVANTURESquelquefois l'horizon pendant que le Soleil se couche. Ainsi Atha-mas etoit étonné, & l'impression de la Divinité trompeuse qui char-moit ses yeux, lui faisoit éprouver un certain saisissement qui lui a-voit été jusqu'alors inconnu. Il étoit même tenté de croire qu'il neveilloit pas, & qu'il étoit dans l'illusion d'un songe. CependantNeptune commanda au vent d'Orient de soufler pour jetter le navire sur les côtes de l'Hespérie. Le vent obéït avec tant de violence,que le navire arriva bientôt sur le rivage que Neptune avoit mar-qué.Déja l'Aurore annonçoit le jour : déja les étoiles qui craignentles rayons du Soleil, & qui en sont jalouses, alloient cacher dansl'Océan leurs sombres feux, quand le Pilote s'écria : Enfin je n'enpuis plus douter, nous touchons presque à l'Isle d'Ithaque; Telémaque, réjouissez-vous; dans une heure vous pourrez revoir Pé-nélope, et peut-être trouver Ulysse remonté sur son trône.A ce cri Télémaque qui étoit immobile dans les bras du sommeil,s'éveille, se léve, monte au gouvernail, embrasse le Pilote, & deses yeux à peine encore ouverts, regarde fixement la côte voisine :il gémit, ne reconnoissant pas les rivages de sa patrie. Hélas !sommes-nous, dit-il ? Ce n'est point ma chére Ithaque. Vousvous êtes trompé, Athamas; vous connoissez mal cette côte si é-loignée de votre pays. Non, non, répondit Athamas, je ne puisme tromper en considérant les bords de cette isle. Combien defois suis-je entré dans votre port ? J'en connois jusqu'aux moindresrochers ; le rivage de Tyr n'est guére mieux dans ma mémoire. Re-connoissez cette montagne qui avance ; voyez ce rocher qui s'élèvecomme une tour ; n'entendez-vous pas la vague qui se rompt con-tre ces autres rochers, lorsqu'ils semblent menacer la mer par leurchute ? Mais ne remarquez-vous pas ce Temple de Minerve qui fendla nuë ? Voilà la forteresse & la maison d'Ulysse votre pére. Vousvous trompez, ô Athamas, répondit Télémaque; je vois au con-traire une côte assez relevée, mais unie; j'apperçois une ville quin'est point Ithaque. O Dieux ! Est-ce ainsi que vous vous jouëzdes hommes !Pen-