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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. VIII. 137soins domestiques : le mari régle toutes les affaires du dehors, lafemme se renferme dans son ménage ; elle soulage son mari ; elleparoît n'être faite que pour lui plaire ; elle gagne sa confiance, &le charme moins par sa beauté que par sa vertu. Le vrai charmede leur société dure autant que leur vie. La sobriété, la modéra-tion, & les mœurs pures de ce peuple lui donnent une vie longue& exemte de maladie. On y voit des vieillards de cent & de sixvingts ans, qui ont encore de la gayeté, & de la vigueur.Il me reste, ajoutoit Télémaque, à savoir comment ils fontpour éviter la guerre avec les peuples voisins. La nature, dit A-doam, les a separez des autres peuples, d'un côté par la mer, &de l'autre par de hautes montagnes vers le Nord. D'ailleurs lespeuples voisins les respectent à cause de leur vertu. Souvent les au-tres Nations ne pouvant s'accorder ensemble, les ont pris pour ju-ges de leurs differends, & leur ont confié les terres & les villesqu'ils disputoient entre eux. Comme cette sage Nation n'a jamaisfait aucune violence, personne ne se défie d'elle. Ils rient, quandon leur parle des Rois qui ne peuvent régler entre eux les frontiéresde leurs Etats. Peut-on craindre, disent-ils, que la terre manqueaux hommes ? Il y en aura toujours plus qu'ils n'en pourront cul-tiver. Tandis qu'il restera des terres libres & incultes, nous nevoudrions pas même défendre les nôtres contre des voisins qui vien-droient s'en saisir. On ne trouve dans tous les habitans de la Béti-que, ni orgueil, ni hauteur, ni mauvaise foi, ni envie d'étendreleur domination. Ainsi leurs voisins n'ont jamais rien à craindred'un tel peuple, & ils ne peuvent espérer de s'en faire craindrec'est pourquoi ils les laissent en repos. Ce peuple abandonneroitson pays, ou se livreroit à la mort, plutôt que d'accepter la ser-vitude. Ainsi il est autant difficile à subjuguer, qu'il est incapablede vouloir subjuguer les autres. C'est ce qui fait une paix profon-de entre eux & leurs voi$ins.Adoam finit ce discours, en racontant de quelle maniére lesPhéniciens faisoient leur commerce dans la Bétique. Ces peuples,disoit-il, furent étonnez quand ils virent venir au travers des ondes