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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. V. 77l'aréne, & m'entraîna sur lui. Envain il tâcha de me mettre des-sous ; je le tins immobile sous moi. Tout le peuple cria: Victoireau fils d'Ulysse ; & j'aidai au Rhodien confus à se relever.Le combat du Ceste fut plus difficile. Le fils d'un riche Citoyende Samos avoit acquis une haute réputation dans ce genre de com-bat. Tous les autres lui cédérent ; il n'y eut que moi qui espéraila victoire. D'abord il me donna dans la tête, & puis dans l'esto-mach, des coups qui me firent vomir le sang, & qui répandirentsur mes yeux un épais nuage. Je chancelai; il me pressoit, & jene pouvois plus respirer : Mais je fus ranime par la voix de Men-tor, qui me crioit: O fils d'Ulysse, seriez-vous vaincu ? La colé-re me donna de nouvelles forces ; j'évitai plusieurs coups dont j'aurois été accablé. Aussitôt que le Samien m'avoit porté un fauxcoup, & que son bras s'alongeoit en vain, je le surprenois danscette posture penchée : déja il reculoit, quand je haussai mon Ces-te pour tomber sur lui avec plus de force : il voulut esquiver ; &perdant l'équilibre, il me donna le moyen de le renverser. A pei-ne fut-il étendu par terre, que je lui tendis la main pour le rele-ver : il se redressa lui-même couvert de poussiére & de sang ; sahonte fut extrême, mais il n'osa renouveller le combat.Aussitôt on commença les courses des charicts que l'on distribuaau sort. Le mien se trouva le moindre pour la legéreté des rouës,& pour la vigueur des chevaux. Nous partons ; un nuage de pous-siére vole & couvre le Ciel. Au commencement je laissai les autrespasser devant moi. Un jeune Lacédémonien, nommé Crantorlaissoit d'abord tous les autres derriére lui. Un Crétois nommé Po-lycléte le suivoit de près. Hippomaque parent d'Idoménée & qui aspi-roit à lui succéder, lâchant les rênes à ses chevaux fumans de sueur,étoit tout panché sur leurs crins flotans, & le mouvement des rouësde son chariot étoit si rapide, qu'elles paroissoient immobiles com-me les ailes d'un aigle qui fend les airs. Mes chevaux s'animérent& se mirent peu à peu en haleine; je laissai loin derriére moi pres-que tous ceux qui étoient partis avec tant d'ardeur. Hippomaqueparent d'Idoménée, pressant trop ses chevaux, le plus vigoureuxa-K 3