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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. III. 49que trop longue, étant si malheureuse. C'est vous seul, ô moncher Narbal, pour qui mon cœur s'attendrit. Faloit-il que votre a-mitié pour un malheureux étranger vous fût $i fune$te?Nous demeurâmes long-tems dans cette espéce de combat. Maisenfin nous vîmes arriver un homme qui couroit hors d'haleine : c'é-toit un autre Officier du Roi qui venoit de la part d'Astarbe. Cette femme étoit belle comme une Déesse; elle joignoit aux charmesdu corps tous ceux de l'esprit; elle étoit enjouée, flateuse, insinuan-te. Avec tant de charmes trompeurs, elle avoit comme les Sirénes, un cœur cruel & plein de malignité : mais elle savoit cacherses sentimens corrompus, par un profond artifice. Elle avoit su ga-gner le cœur de Pygmalion par sa beauté, par son esprit, par sadouce voix, & par l'harmonie de sa lyre. Pygmalion aveuglé parun violent amour pour elle, avoit abandonné la Reine Topha sonépouse. Il ne songeoit qu'à contenter les passions de l'ambitieuseAstarbé. L'amour de cette femme ne lui étoit guére moins funes-te que son infame avarice : mais quoi qu'il eût tant de passion pourelle, elle n'avoit pour lui que du mépris & du dégoût. Elle ca-choit ses vrais sentimens, & elle faisoit semblant de ne vouloir vi-vre que pour lui, dans le tems même qu'elle ne pouvoit le souffrir.Il y avoit à Tyr un jeune Lydien, nommé Malachon, d'unemerveilleuse beauté, mais mou, efféminé, noyé dans les plaisirsIl ne songeoit qu'à conserver la délicatesse de son teint, qu'à peignerses cheveux blonds flotans sur ses épaules, qu'à se parfumer, qu'àdonner un tour gracieux aux plis de sa robe ; enfin qu'à chanter sesamours sur sa lyre. Astarbé le vit, elle l'aima, & en devint furieu-se. Il la méprisa, parce qu'il étoit passionné pour une autre fem-me. D'ailleurs il craignit de s'exposer à la cruelle jalousie du Roi.Astarbé se sentant méprisée, s'abandonna à son ressentiment. Dansson désespoir elle s'imagina qu'elle pouvoit faire passer Malachonpour l'étranger que le Roi faisoit chercher, & qu'on disoit qui é-toit venu avec Narbal. En effet elle le persuada à Pygmalion &corrompit tous ceux qui auroient pu le détromper. Comme il n'ai-moit point les hommes vertueux, & qu'il ne savoit point les dis-cer